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Alassane Ouattara : « La décision de la Cour Africaine est nulle et nul effet. Elle ne sera pas appliquée en Côte d’Ivoire »

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Au terme de trois jours de sa visite dans la région de la Marahoué où il a parcouru successivement, les départements de Sinfra, Zuenoula et Bouaflé, le Président Alassane Ouattara a échangé avec la presse. Le Chef de l’Exécutif a gardé sa posture de menace et d’intimidation de l’opposition, en se prononçant sur les sujets relatifs à la présidentielle du 31 octobre. Voici la substance de ces échanges avec les journalistes.

Excellence monsieur le président de la République, en tant que garant de l’unité nationale tel que prescrit par la Constitution, ne pensez-vous pas que vous avez été trop dur envers l’opposition, à Sinfra, en plus du discours effrayant et intimidant du Premier ministre? Est-ce que cela peut apaiser l’esprit de vos opposants ?
Vous savez que la pré-campagne est ouverte. Si vous vous souvenez, quand nous étions dans le Moronou, vous m’avez posé des questions politiques, je vous avais dit que je n’allais pas y répondre. Mais comme vous le savez, la pré-campagne part du jour où les candidatures définitives ont été arrêtées, depuis le lundi 14 septembre 2020, et jusqu’au 15 septembre, et la campagne elle-même commence le 16 jusqu’au 29. Donc, nous sommes en pré-campagne. Vous êtes drôle de dire ça. Les autres n’ont pas été tendres avec moi, pourquoi voulez-vous que je leur dise des choses alors qu’ils racontent des mensonges? Je ne retire aucun mot que j’ai dit. Nous avons une Constitution, je l’ai toujours avec moi. Nous avons des institutions et je demande que chacun respecte la Constitution, les lois de la République et les institutions. Moi, j’ai été floué pendant des années ici, vous le savez tous, aussi bien pour l’élection présidentielle de 2000 que pour les législatives même de 2000. On a mis du blanco sur mes dossiers pour les éliminer. On a fait de la tricherie, du mensonge mais tout ça, je laisse derrière moi. Ce genre de question, de grâce, arrêtez. Je crois qu’une élection présidentielle, ce n’est pas un jeu d’enfant. Les autres veulent le pouvoir pour dilapider les fonds de la République à nouveau. Qu’est-ce qu’ils ont fait ? Alors moi, je suis fier de mon bilan. Et je continuerai. Alors je mets en garde tous ceux qui veulent mettre le désordre. Si c’est ce qu’ils veulent, ils m’auront en face d’eux.

Selon certaines personnes, relativement à la crise que nous avons connue, l’élection présidentielle de 2020 ressemble, trait pour trait, à celle de 2010. Que répondez-vous à ces personnes et que comptez-vous faire si vous êtes élu pour éviter les inquiétudes qui naissent de ce genre d’élection ?
Je suis surpris que vous ayez sauté les élections de 2015 qui se sont très bien passées. Il n’y a pas eu de problème. Quasiment les mêmes personnes qui sont aujourd’hui candidats, étaient candidats ou pouvaient l’être en 2010. Pour des raisons d’opportunité, certains ne l’ont pas été. Mais je vous signale que la Constitution dit clairement, je crois que c’est l’article 56 nouveau, l’alinéa 1, qui dit que le président de la République est élu au scrutin majoritaire à deux tours. L’élection du président de la République est acquise à la majorité absolue des suffrages exprimés. Le premier tour du scrutin a lieu le dernier samedi du mois d’octobre de la 5e année du mandat du président de la République en fonction. Le 31 octobre, c’est le dernier samedi du mois d’octobre de la 5e année. Je suis le garant de la Constitution. Même si je le voulais, je ne pourrai jamais changer la date des élections. Donc ce n’est pas du forcing ou des élections forcées comme vous le dites. Tous les acteurs politiques savent que cette Constitution date de novembre 2016. Depuis cette période, les uns et les autres savent donc que nous aurons des élections le 31 octobre 2020. Nous avons eu de bonnes élections en 2015. Il n’y a pas de raison que nous n’en fassions pas de même en 2020. Moi, je suis confiant qu’elles seront apaisées parce qu’elles seront transparentes, conformes à la Constitution, aux institutions.

Monsieur le président, quelles sont les dispositions prises par le gouvernement pour assainir ou réguler les réseaux sociaux à la veille de l’élection présidentielle ? Voyez-vous, le mercredi, il y a une fausse information qui a fait le tour des réseaux sur votre prétendue chute à Bouaflé?
Les démarches sont en cours. Il faut travailler avec Facebook, avec tweeter, avec l’international. Il y a des gens qui s’adonnent à des fake news. Nous finirons par les attraper. Nous avons déjà attrapé quelques-uns en Côte d’Ivoire, qui ont été interpellés qui, une fois interpellés, ils demandent pardon, ils disent que ce sont des partis de l’opposition qui les payent pour faire ces genres de choses. Nous serons très vigilants et nous serons très fermes contre les fake news.

Monsieur le président, récemment, la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples a exigé que le président Laurent Gbagbo et le Premier ministre Guillaume Soro soient rétablis dans leurs droits. Quels commentaires faites-vous ?
Nous nous sommes déjà prononcés. Vous savez, sur 54, c’est 10 pays seulement qui étaient membres. Mais 4 pays se sont retirés. Il n’y a que 6 pays seulement qui restent. Cette décision est donc nulle et de nul effet. Elle n’est pas applicable et ne sera pas appliquée en Côte d’Ivoire.

Nous avons lu quelque part : « Nous sommes en train de prendre les dispositions pour le retour de notre frère Laurent Gbagbo ». Ces propos sont attribués au président de la République. Qu’en dites-vous ?
Tout ce que j’avais à dire, je l’ai dit dans Paris Match. Reprenez Paris Match et vous verrez.

Nous étions un peu plus tôt dans la région, et nous avons discuté avec les populations notamment avec les femmes, et elles ont soulevé la problématique de l’orpaillage clandestin qui appauvrit les terres et qui empêche de les rendre cultivables. Et elles se sont plaintes que bientôt cela pourrait poser des problèmes de culture. Qu’est-ce que l’État entrevoit sur ce sujet ?
Je peux vous assurer. Vous savez que chaque fois que nous faisons un conseil des ministres dans une région, le préfet de région nous fait un exposé. Et le premier point à l’ordre du jour du préfet de région, la première inquiétude, c’est l’orpaillage clandestin. J’ai donné instruction au Premier ministre, au ministre des Mines et au ministre de la Sécurité de continuer de travailler sur ce dossier. Nous avons fait des progrès remarquables. Mais malheureusement, il y a tellement d’acteurs qui interviennent. Je ne voudrais pas entrer dans les détails. La question est difficile à résoudre mais nous y travaillons. Mais ce n’est pas une question facile. Mais nous serons très fermes sur les mesures à prendre.

Monsieur le président, l’élection présidentielle n’a pas encore commencé mais on sent vos partisans trop confiants alors qu’il y a en face des candidats comme KKB, Bédié et Affi. N’est-ce pas un excès de confiance ?
Une élection présidentielle n’est jamais gagnée d’avance. Nous souhaitons gagner un coup K.O. Mais quand je vois que les uns ne veulent pas aller aux élections, peut-être qu’ils vont me faciliter la tâche. Parce que, fondamentalement, comme je l’ai dit, nous avons une Constitution. On l’a fait ensemble. J’ai même mis un comité d’experts pour rédiger la Constitution. J’ai rencontré tous les chefs de partis politiques, j’ai déjeuné avec la société civile, j’ai vu mes alliés. Ensuite pour le code électoral, ça a été la même chose. J’ai instruit le Premier ministre d’alors, feu Amadou Gon Coulibaly, d’entreprendre un dialogue politique avec tout le monde, avec les partis politiques, avec la société civile. Cela a duré six mois. Il y a eu des accords politiques. Le code électoral, on l’a élaboré ensemble. J’ai demandé au Premier ministre d’alors d’entreprendre un dialogue politique. Au moment de la signature des documents, certains se sont rétractés. Alors qu’ils avaient donné leur accord, parce qu’ils avaient une stratégie. Mais ce qui est important, on parle de dialogue. Mais, on voit que certains se plaignent du parrainage. C’est à l’unanimité que les partis politiques traditionnels Rhdp, Pdci, Fpi et les autres ont demandé le parrainage pour éviter la multiplication des candidatures. C’est vrai, certains candidats se plaignent qu’ils n’ont pas été retenus. Mais nous, nous avons recueilli plus d’un million de parrainages. Alors si les gens vont mettre le nom des personnes qui ont déjà parrainé Alassane Ouattara – j’ai été le premier à déposer mon dossier-. Quand certains voient leurs parrainages être annulés, il ne reste plus rien. Parce qu’ils viennent de mon parti. Où est-ce qu’ils vont trouver des électeurs en dehors du Rhdp ? Donc ce travail a été fait de manière rigoureuse. C’est dommage que des gens mettent en doute la crédibilité de nos institutions. Alors que nous avons tous travaillé à mettre en place ces institutions. Que ce soit la Constitution, la Cei, le code électoral. Et ce sont des propositions qui ont été envoyées ensuite à l’Assemblée nationale. Où certains partis comme le Pdci, le Fpi sont représentés. Quand on vote une loi, même si on n’est pas d’accord, on la respecte. Je ne comprends pas tout ça. Ils doivent avoir des arrière-pensées. On fait des lois, ça demande un dialogue politique. L’Assemblée nationale a adopté la Constitution, la Cei, le code électoral. Tout ça est mis en œuvre par le Conseil constitutionnel avant que je ne sois président. La Cei qui a été améliorée depuis que je suis là et maintenant, on dit qu’il y a problème. (…)
Propos retranscrits par JEROME N’DRI

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