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Charles Blé Goudé parle aux Ivoiriens : « Cette décision de la Cpi ne doit pas être la victoire d’un camp sur l’autre»

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Au lendemain de la levée des mesures de restriction à sa liberté par la Cpi, Charles Blé s’adresse aux Ivoiriens. Sur les antennes d’Afrique Média Tv, il a livré ses impressions et invité ses compatriotes à envahir les centres d’enrôlement pour l’obtention de la carte nationale d’identité et se faire établir des certificats de nationalité pour l’inscription sur la liste électorale.

Réaction Blé Goudé sur la décision de la Cpi

Bonjour à tous et à toutes. Aujourd’hui, je me tiens devant vous pour vous annoncer une bonne nouvelle. Une nouvelle que nous attendions tous. Je sais que vous avez l’esprit et l’oreille tendus vers La Haye. J’ai le plaisir de vous annoncer que depuis hier, ici à La Haye, la Chambre d’Appel de la Cour pénale internationale a décidé de lever toutes les mesures de restriction de déplacement, de voyage contre le président Gbagbo et moi. Chers amis, je voudrais vous dire toute ma joie mais en même en temps, je voudrais vous traduire toute ma gratitude.

Malgré les difficultés, malgré la fatigue, vous avez été là. Vous y avez cru, par vos prières, par vos soutiens. Que ce soit en Côte d’Ivoire, en Afrique, en Europe, partout dans le monde, vous nous avez soutenus. C’est vrai que vous étiez emprisonnés mais vous étiez dans vos prisons à ciel ouvert. C’est pourquoi, du fond du cœur, je voudrais vous dire merci pour tout.

Aucun autre mot ne pourra remplacer le mot merci. Depuis mon arrivée ici, je vous le répète, je ne cherche pas à triompher de qui que ce soit. Ce qui importe, c’est  la justice, la vérité et non la réalité. Ensemble, nous devons savoir que vous avons l’impérieux devoir de rassembler les Ivoiriens, de reconstruire notre pays.

On ne reconstruit pas dans la division. Cette décision qui est certes, une victoire, qui est certes un pas en avant, ne doit pas être considérée comme la victoire d’un camp sur l’autre. C’est à Dieu que revient la gloire. Je vous l’ai dit, ce que Dieu a commencé, il va terminer. Je voudrais vous demander de continuer à prier pour le président Gbagbo et moi.

Nous avons toujours besoin de vos prières. Au-delà de cette information somme toute importante, je voudrais qu’on parle de notre pays. Depuis 3 mois, notre monde est bouleversé par la pandémie du coronavirus.  Des familles entières en ont été victimes. Nous habitudes ont été purement bouleversées. Je souhaite prompt rétablissement à ceux qui sont encore à l’hôpital.

Enrôlement Cni et liste électorale

Je voudrais aborder un sujet très important qui concerne la vie de notre pays. Il s’agit des opérations cumulées de l’enrôlement pour l’obtention de la carte nationale d’identité et l’inscription sur la liste électorale. En ce qui concerne la carte nationale d’identité, j’avais espéré que cette opération serait gratuite.

Hélas, mes appels n’ont pas été entendus par les autorités compétentes. Pour autant, il faut que chaque Ivoirien ait sa pièce. Aussi, au cours de cette pandémie, j’ai aussi exprimé mon inquiétude quand on demandait aux Ivoiriens de rester à la maison et leur demandait d’aller se faire enrôler. Maintenant que les mesures ont été assouplies et que les centres d’enrôlement se sont multipliés et qu’il y a maintenant des agents d’enrôlement ambulants, je crois que les risques sont moindres.

Toi qui m’écoutes, va te faire enrôler pour obtenir ta Cni ou de la renouveler. Contrairement à une opinion qui circule et qui est fausse, la Cni n’est pas exclusivement liée au vote. Cette pièce importante qui nous sert au quotidien est une pièce qui te sert d’abord avant de servir pour le vote.

Les chiffres sont alarmants. Sur 11 millions de pétitionnaires attendus, seulement 400 000 de nos concitoyens se sont fait enrôler pour l’obtention de la Cni. Ensemble, au niveau de la classe politique et des autorités compétentes, nous devons rechercher les obstacles pour une telle moisson maigre, en vue de permettre à un nombre conséquent des Ivoiriens d’avoir leur Cni.

Comment concevoir des plans de développement si nous ne savons pas combien nous sommes ? Voilà pourquoi, je vous encourage à aller vous faire enrôler. En plus de l’opération d’enrôlement pour l’obtention de la Cni, vient maintenant l’inscription sur la liste électorale.

Là encore, sont attendus plus de 4 500 000 Ivoiriens. Je crains fort que ce délai de 14 jours puisse suffire pour enrôler l’ensemble des Ivoiriens éligibles à cette opération. C’est pourquoi, je lance un appel aux autorités de la Côte d’Ivoire pour rallonger ce délai d’au moins 30 jours. Quant à toi mon frère, ma sœur, toi qui m’écoutes, nous sommes en 2020 et l’heure du choix approche, l’heure du choix n’est plus loin.

Quel choix ? Le choix de la personnalité qui va décider dans les 5 prochaines années. Ce choix ne doit pas se faire sans toi. Ne sois pas spectateur de ton avenir. Ne sois pas spectateur de ta vie, de la vie de tes enfants, de la vie de ta nation. On peut gagner une élection avec une voix en plus comme aussi la perdre avec une voix en moins. Tu comprends que ta voix peut faire la différence. C’est pourquoi, je te demande maintenant, va t’enrôler, va te faire inscrire sur la liste électorale. On ne doit pas décider de ton avenir sans toi. Cette opération n’est pas le lieu de recensement de militants politiques.

C’est un acte citoyen. Une fois enrôlé et que tu es convaincu et rassuré que tu es sur la liste électorale, une fois que tu as ta Cni et tu as ton certificat de nationalité qui te permet de t’inscrire sur la liste électorale, tu attends, nous attendons tous les candidats qui vont venir devant nous avec leurs projets de société. Que nous soyons Bété, Dioula, Fpi, Pdci, Rdr, Cojep, il appartient à chaque Ivoirien d’accorder sa voix à chaque candidat qu’il met en mission. Il est mieux de prendre 2 heures pour t’enrôler que de perdre ta vie. Cette élection doit se faire de manière apaisée.

Nul n’a le droit de mettre ses ambitions au-dessus de la vie des Ivoiriens. Nous n’avons plus le droit, au nom de quelques ambitions que ce soit, de replonger la Côte d’Ivoire dans la violence. Je compte sur vous. Je considère que mon message a été entendu. Merci à tous. La situation que nous vivons actuellement appelle à l’humilité, à la solidarité. La Côte d’Ivoire a besoin de tous ses fils et de toutes ses filles.

Propos retranscrit pas JB KOUADIO

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