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Côte d’Ivoire – Etienne Kouya: « Je demande à l’Etat de nous écouter »

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Étienne Kouya, président du Groupement des imprimeurs de Côte d'Ivoire

Etienne Kouya, président du Groupement des imprimeurs de Côte d’Ivoire, nourrit de grandes ambitions pour le développement de cette activité. Il envisage même créer la première véritable école d’imprimerie. Dans cette interview accordée à Lereveil.net, il fait des propositions concrètes pour la réalisation de ce projet et se dit prêt à accompagner les acteurs des prochaines élections futures.

M. le président, récemment vous avez organisé la première édition de la Semaine de l’imprimerie, à la Bibliothèque nationale, au Plateau (Abidjan). Quels sont les motivations qui ont guidé l’organisation d’un tel événement ?
L’organisation de la semaine de l’imprimerie, dont la première édition a eu lieu du mercredi 29 au vendredi 31 mai 2019 à la Bibliothèque nationale, sous le thème : « Enjeux-Défis et perspectives d’une Imprimerie ivoirienne émergente et compétitive », visait à promouvoir le métier de l’imprimerie, à nous faire connaître du grand public et à expliquer l’importance de ce travail pour la société ivoirienne. 

Il s’agissait également d’essayer de voir notre potentiel, nos atouts, pour approcher le marché de l’imprimerie en Côte d’Ivoire et dans la sous-région et fédérer nos forces, afin de pouvoir lutter contre le chômage des jeunes et surtout lutter contre l’immigration clandestine. Je pense que le message est passé. 

Avez-vous le sentiment d’avoir atteint vos objectifs ? 
Les objectifs sont largement atteints, parce c’est une première édition, tout le monde doutait. Il n’y a que nous les éditeurs qui n’avions pas douté. On a essayé d’inviter les imprimeurs de la sous-région, le Burkina Faso, du mali, de Guinée, du Togo. En sommes cinq pays de la sous-région étaient présents. 

Pendant cette semaine, on a eu a communier et parler de nos problèmes. Le bilan est largement positif, vu l’engouement des imprimeurs, vu les invités qui se sont déplacés, vu la qualité, surtout, des conférenciers. Nous avons eu un conférencier du nom de Basile Gnagne, enseignant et inspecteur des imprimeries, qui a eu a instruire sur le poids de l’imprimerie dans l’industrie économique et sociale de la Côte d’Ivoire. Tout le monde était ravi de cette conférence. 

Par la suite, nous avons eu, pendant deux jours, les communications du représentant de l’Agence emploi jeunes, Alexis Gnaman, qui nous a donné l’envie d’entreprendre aux jeunes élèves et étudiants qui ont effectué le déplacement. Ils étaient très contents et ils continuent de m’appeler pour me remercier, parce qu’ils ont été beaucoup instruits par ce cadre l’agence emploi-jeunes. 

Quelles sont les perspectives pour la prochaine édition ?
Nous sommes d’abord en train de savourer la première édition. Je suis sollicité un peu partout par les médias, par les télévisions, et surtout par nos invités. Les perspectives, c’est que nous avons eu l’invitation officieuse de l’usine Heidelberg, en Allemagne, qui a promis nous invité pour sa semaine commerciale à Dürsendorf, en juin 2020. Nous attendons l’invitation formelle pour décider. 

Au niveau des ministères, ça se passe très bien. Nous n’étions pas compris, mais après cette semaine, on a vu vraiment que les ministères nous ouvre les portes et que le Premier ministre aussi, que je remercie vivement au passage, parce que c’est grâce à lui que cette organisation a eu un succès. 

A cette occasion, vous avez lancé un vibrant appel, demandant le soutien du gouvernement dans le cadre de la mise en œuvre de votre stratégie d’insertion professionnelle des jeunes. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Effectivement, le jeunes ivoiriens sont vraiment intéressés et passionnés par l’imprimerie. Donc, nous demandons à l’Etat de nous assister. Ne serait-ce que nous accorder un fonds de garantie. Nous sommes en train de les former. Ils sont bien outillés. Ils peuvent diriger une imprimerie. 

Il ne s’agit pas de les former, il faut les caser.  Quand on ne peut pas les employer, il faut les installer. C’est pourquoi nous demandons un fond de garantie à l’Etat de Côte d’Ivoire, pour pouvoir installer ces jeunes. Sachant bien qu’une imprimerie peut employer entre 15 et 20 personnes, vous imaginez le nombre d’imprimeries dans toute la Côte d’Ivoire ! C’est la politique que je même depuis deux ans à la tête de ce groupement. 

Dans le cadre de la réforme de l’enseignement technique et de l’enseignement professionnelle, compte tenu de l’engouement de la jeunesse pour ce secteur d’activité, pensez-vous qu’il serait opportun d’instituer un Brevet de technicien ou un Bts en imprimerie, en Côte d’Ivoire pour former des cadres dans ce domaine ?
Nous y pensons. Je suis en train de travailler d’arrache-pied pour mettre au point une école de formation en imprimerie, en Côte d’Ivoire, qui va prendre en compte des élèves du niveau CM2, jusqu’au niveau supérieur. Nous sommes en train de travailler à cela, parce qu’à part le centre de perfectionnement aux métiers de l’imprimerie, il n’y a plus d’école d’imprimerie en Côte d’Ivoire. D’ici peu, on verra la première école d’imprimerie en Côte d’Ivoire. 

M. le président, on aperçoit depuis quelques temps des affichent dans la ville d’Abidjan, annonçant un Salon dédié aux imprimeurs, prévu pour novembre 2019. Etes-vous informés et qu’est-ce que vous en pensez ? Les imprimeurs de côte d’Ivoire sont-ils divisés ?
Oui, je suis informé. Les imprimeurs de Côte d’Ivoire ne sont pas divisés ! Au contraire, tout le monde a compris le bien-fondé de cette faitière qu’est le Groupement des imprimeurs de Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, c’est tout le monde qui appelle pour dire nous sommes contents fiers, tout le monde est intéressé. 

Ce que vous voyez dans la ville, on a plusieurs fois échangé avec eux. Ce ne sont pas des imprimeurs, ce sont des agences de communication qui organisent leur Semaine, pour pouvoir mettre en contact les imprimeurs et les équipementiers, les fournisseurs d’imprimerie. Donc, ce n’est pas une division. Eux, ils travaillent pour mettre en contact ceux qui vendent le matériel d’imprimerie et les imprimeurs. Vous voyez qu’ils sont obligés de composer avec nous. 

Chaque jour, ils appellent pour voir où j’en suis. Ils m’ont même demandé de venir tenir un stand pour le Groupement des imprimeries de Côte d’Ivoire. Vous voyez que nous composons avec eux, mais ce ne sont pas les mêmes objectifs. Notre objectif c’est de promouvoir le métier de l’imprimerie, former des jeunes, d’avoir des marchés, discuter avec l’Etat de Côte d’Ivoire, de lui montrer l’importance de l’imprimerie en Côte d’Ivoire. 

Nous ne sommes pas là pour mettre en contact les fournisseurs de matériel d’imprimerie. Ils savent où nous sommes. Ils viennent nous voir ils nous démarchent. Vraiment il n’y a pas de division entre les imprimeurs de Côte d’Ivoire.

Avez-vous un appel à lancer ?
Je demande à l’Etat de Côte d’Ivoire de nous écouter. Nous avons un projet. L’Etat à lui seul ne peut pas tout faire. Nous sommes là pour prendre le relais, c’est pourquoi nous frappons toujours à la porte de l’administration ivoirienne. 

Aux imprimeurs, je dis que bientôt, ce sera les élections. Qu’est-ce qu’on prépare ? Comment on s’organise pour avoir tous ces marchés d’imprimerie qui arrivent pour satisfaire nos clients ? Comment faire pour que ces marchés soient maintenus en Côte d’Ivoire ? C’est cela qui doit être notre leitmotiv. Je souhaite bonne chance à chacun de nous d’avoir son marché et de s’en sortir. 

Aux organisateurs et candidats aux élections, nous leur souhaitons bonne chance dans ces organisations. Les imprimeurs sont là, ils les attendent. Nous avons décerné un trophée à la Commission électorale indépendante (Cei). Depuis que suis imprimeur, je n’ai jamais vu la Cei aller traiter les documents électoraux en dehors de la Côte d’Ivoire. Ce sont les imprimeurs de Côte d’Ivoire qui font ces documents. Je profite de vos colonnes pour dire merci à la Cei. Nous les attendons toujours. Nous essayons de nous équiper pour les élections à venir.

Interview réalisée par Serge Amany

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