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Côte d’Ivoire : Plusieurs organisations internationale et nationale dénoncent les violences

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Sollicitation aux fins d’intervention en République de Côte d’Ivoire : Combien de morts et d’atteintes aux droits humains avant que le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme des Nations Unies n’intervienne en Côte d’Ivoire ?

Excellence Madame le Haut-Commissaire,
L’Observatoire Ivoirien des Droits de l’Homme (OIDH) a l’honneur de solliciter auprès de votre haute bienveillance l’intervention de votre Bureau dans la situation qui prévaut actuellement en Côte d’Ivoire. En effet, alors que les Ivoiriens sont appelés à élire leur Président de la République le 31 octobre 2020, l’actualité socio-politique est marquée par trois faits majeurs :

• De La violation des droits humains : violation de la Constitution et rétrécissement de l’espace démocratique et des libertés d’expression.
L’annonce du Président Ouattara de briguer un autre mandat après en avoir exercé deux, en violation de l’article 55 de la Constitution selon l’opposition, a donné lieu à des heurts et à des manifestations éclatées à Abidjan la capitale économique et à Daoukro, Bonoua, Gagnoa et Divo, villes situées à l’intérieur du pays. Il est fait état surtout après l’appel à la désobéissance civile lancé par l’ensemble des partis d’opposition d’importants dégâts matériels et de nombreuses pertes en vies humaines, on y dénombre entre 30 et 75 morts ; des arrestations de personnalités proches de leaders politiques de l’opposition et des activistes des Droits de l’Homme.

A la suite de ces répressions, le Gouvernement a durcit le ton, par la prise de plusieurs arrêtés portant suspension des marches et autres manifestations sur la voie publique jusqu’au 1er novembre 2020. Il restreignait ainsi les libertés d’expression et de manifestations prévues et protégées par les articles 19 et 20 de la Constitution. En marge de ces évènements, la neutralité et l’impartialité des institutions de la République notamment la CEI et le Conseil Constitutionnel ont été mises en cause par une certaine frange de la population, par les Institutions sous régionales et internationales. Tout ceci présente un risque certain de résurgence des violences postélectorales de 2010 que nous avons connues.

• L’exacerbation des discours violents
Les manifestations sus-évoquées ont permis de constater une profusion de discours violents de nature à susciter la psychose au sein de la population ivoirienne et des inquiétudes dans la communauté internationale. C’est le cas, des vidéos virales abondamment relayées sur les réseaux sociaux dans lesquelles certains internautes incitent les Pro RHDP à s’attaquer aux manifestants de l’Opposition.

A ces discours violents s’ajoutent des propos sexistes dirigés contre certaines personnalités féminines et des discours à relents ethniques opposant les peuples du Nord, du Centre, du Sud et de l’Ouest. Cette résurgence des discours violents, sexistes, ethniques, identitaires fissure davantage le tissu social avec le risque d’affrontements communautaires comme observé dans les localités susmentionnées. Les animosités entre communautés sont ravivées par des éléments de langage qui rappellent ceux utilisés sur d’autres théâtres d’atrocités.

L’Observatoire Ivoirien des Droits de l’Homme (OIDH), face à ces faits d’une extrême gravité et évoluant de façon graduelle, exprime son grand étonnement et son ahurissement devant votre absence de réaction. Excellente madame le Haut-Commissaire, attendez-vous que la situation déjà délétère, s’envenime davantage et que les Ivoiriens (nes) s’entretuent d’abord pour envoyer des experts ou des commissions d’enquête pour faire des décomptes macabres ?

Excellence Madame le Haut-Commissaire, vous pouvez sûrement faire changer le cours de la situation et permettre que la menace d’un nouveau et plus important chaos s’éloigne de la Côte d’Ivoire, par votre initiative ou votre action qui doit être préventive auprès des parties en présence. Il urge que vous effectuez un déplacement sur place en Côte d’Ivoire, avec une équipe pour écouter les différents protagonistes, pour pouvoir ensuite donner des instructions fermes afin que cesse l’escalade des violences. Une ère de dialogue en vue de trouver des compromis doit s’ouvrir nécessairement.

L’Observatoire Ivoirien des Droits de l’Homme (OIDH) sollicite alors votre intervention dans l’urgence afin de prévenir une autre crise et une guerre civile en Côte d’Ivoire.
Veuillez agréer, Excellence Madame le Haut-Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme, nos salutations distinguées.

Fait à Abidjan, le 30 Octobre 2020
Le Secrétariat Général de l’OIDH

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