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Crise au Burida : Sery Sylvain se dresse contre le ministre de la Culture

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Dans une déclaration dont Lereveil.net a reçu copie, Sery Sylvain, président du Conseil d’administration du Bureau ivoirien du droit (Burida) s’est prononcé sur les dernières développement de la crise qui secoue la maison des artistes. Le Pca n’est visiblement pas content des dernières décisions prises par Maurice Bandaman, ministre de la Culture et de la Francophonie.

Messieurs et dames, bonjour !

Je suis le président Sery Sylvain, président élu du Conseil d’administration du Burida. Je voudrais à travers cette déclaration de presse m’adresser à tout le collège artistique, aux décideurs de cette nation, au Président de la République de Côte d’Ivoire, son excellence Monsieur Alassane Ouattara et son Premier ministre, Chef du gouvernement, son excellence Amadou Gon Coulibaly, afin de prendre à témoin l’opinion nationale et internationale.

Suite à la grave crise que traverse le Burida depuis 9 (neuf) mois, nous nous sommes gardé d’animer la chronique pour être au-dessus de la mêlée. C’est aussi ça la responsabilité. Notre ministre de tutelle vient de faire un communiqué de presse dans lequel il dit avoir instruit le Conseil d’administration et la Direction générale, afin de procéder au renouvellement des organes du Burida, selon un chronogramme d’élection établi par lui, qui débute dès le mois de Juillet.

Cela nous parait suffisamment grave pour nous amener à apporter des éclaircissements pour une fois. Une rencontre informelle s’est tenue au Cabinet du ministre le jeudi 23 mai 2019, pour échanger sur la crise. Rencontre qui n’a vu que la participation de cinq (5) administrateurs, et qui ne s’est pas achevée.

Grande fut notre surprise, quand le ministre évoque, dans un communiqué de presse, la fin du mandat de l’Assemblée générale, l’organe suprême du Burida, la fin du mandat du Conseil d’administration, et qu’il faille procéder aux renouvellements des instances, dès le mois de juillet, et qu’il va mettre en place ces jours-ci un comité de sage.

Eu égard à ce qui précède, primo. Nos textes actuels qui fondent le Burida ne prévoient pas un comité de sage. Secundo. Si le ministre de la culture nous donne une instruction, elle doit être validée par une résolution prise en conseil d’administration, régulièrement convoqué par le président que je suis, en respectant le délais de 8 (huit) jours francs, avant sa tenue ou, en cas refus de ma part, le Conseil peut être convoqué par les 2/3 (deux-tires) des membres. Le ministre sait le fonctionnement d’un Conseil d’administration, puisqu’il a lui-même été Pca de la RTI et de la Poste de Côte d’Ivoire.

Cette assemblée générale, l’organe suprême de notre institution qu’on cherche aujourd’hui à mettre à l’écart, est celle-là même, selon nos textes actuels, qui édicte la feuille de route, programme de gouvernance du Conseil d’administration. Elle a exprimé clairement à travers cette feuille de route que les artistes ont droit de regard et contrôle sur comment est géré leur argent. A cet effet, ils ont exigé la mise en place de la double signature entre leur mandant et la direction générale.

Cela a toujours été ainsi. Tous mes prédécesseurs ont contresigné les chèques. Souvenez-vous de Gadji Celi, Paul Wassaba, Valen Guédé et autres… Ils ont toujours signé donc comment comprendre que depuis huit (08) ans, une institution financière comme le Burida ne fonctionne qu’avec la signature unique. Même une coopérative de village à deux signataires.

Pire, il n y’a même pas de rapprochement bancaire. S’il y a une signature unique, il faut à l’opposé au moins un rapprochement bancaire pour opérer le contrôle.

Il y a de réels problèmes de gouvernance dans cette maison. La cerise sur le gâteau, une structure importante comme le Burida n’a même pas des règles de gouvernances consignées dans un manuel de procédure. Pour tout ce flux financier à disposition, aucune règle n’est mise en place pour l’utilisation de ces fonds. Depuis bientôt dix (10) mois, nous avons commandé un manuel de procédure qui a coûté vingt cinq (25) millions de francs et qui est prêt depuis décembre 2018. Jusqu’à ce jour, la direction générale ne l’a pas encore validé.

Donc l’Assemblée générale, l’organe suprême au cours de sa dernière session du 28 septembre 2018 a examiné les questions liées à la crise qui prévaut, et elle a pris une résolution de révocation de la DG pour faute lourde dument constatée à cette AG. Elle a instruit le conseil d’administration de donner suite à cette décision qui reste pendante sur le bureau du ministre.

L’inspection générale d’Etat s’est saisie du dossier en diligentant deux audites par le cabinet Mazar. Audit d’organisation et d’investigation qui à durer six (6) mois au lieu de trois (3) et qui a coûté cinquante-trois (53.000.000) millions de francs au Burida.

Il nous parait important d’attendre les résultats de cet audit qui n’a que trop duré pour en tirer toutes les conséquences. Ceci nous permettra de sécuriser cette institution préalable à toutes élections. De notre point de vue, ce communiqué de presse du ministre porte en lui-même les germes du conflit. En ma qualité de Pca du Burida, je lui demande de retirer purement et simplement ce communiqué. J’entends beaucoup de choses qui ne sont bonnes. Les gens sont dans le dénigrement systématique, projettent des manifestations à grande échelle. Pour la sérénité de la maison, j’en appelle au calme et à la raison.

Je m’adresse aux artistes de Côte d’Ivoire, propriétaires de cette maison. Votre combat est noble, mais faites confiance au Premier ministre, qui vous a reçu par le biais de son cabinet le 14 mai dernier et faites-moi confiance, je ne saurai vous trahir.

Je vous remercie

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