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Devoir de mémoire – Le jour où Guikahué a annoncé la rencontre avec Gbagbo

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Le député Maurice Kakou Guikahué

Maurice Kakou Guikahué, député de la circonscription de Gnagbodougnoa, Dougroupalégnoa, Gagnoa sous-préfecture, Doukouyo et Sérihio a initié une rencontre citoyenne d’informations et d’échanges dénommée ‘’Face au peuple’’ dans ladite circonscription, du 17 au 22 février 2019. Le dimanche 17 février, le député était face à la population du canton Zikobouo. Cette 1ère étape a connu un succès franc.

Des questions sur la situation sociopolitique, il y en a eues, hier à l’endroit de Maurice Kakou Guikahué, secrétaire exécutif en chef du Pdci-Rda, député de Gagnoa sous-préfecture, président du Groupe parlementaire Pdci. C’était au cours d’une rencontre avec « ses parents » à Sakua dans le canton Paccolo. En effet, un chef de village s’est dit inquiet surtout après la démission du président de l’Assemblée nationale. Ce qui est une première en Côte d’Ivoire. Aussi, a-t-il exprimé son inquiétude et demandé à quoi les populations doivent s’en tenir avec la nouvelle composition du paysage politique. 

« … La démission de Soro Guillaume a procédé de ses convictions politiques, parce que quand tu es président d’institution, tu es astreint au droit de réserve, or il veut parler maintenant, c’est pourquoi, il a démissionné. Il a démissionné de lui-même comme il l’a expliqué, pour préserver la paix. Donc l’intérim est assuré actuellement par le plus âgé des vice-présidents qui va organiser les élections dans un délai de 13 à 15 jours. C’est le 5 mars que nous allons élire le nouveau président et pour avoir droit à la parole, votre député a été sollicité, mais il ne sera pas candidat parce qu’il veut garder sa liberté de dire ce qu’il veut, ce qu’il pense et partout. Donc, cher chef, ne dites pas Guikahué, il faut être candidat. Je ne suis pas candidat parce que je veux ma liberté pour parler. Le jour où le président de la République est de mon parti et qu’on pense la même chose, là, je peux parler. Mais pour le moment, il faut que je parle. Donc je ne suis pas intéressé », avait déjà déclaré Guikahué, dans son propos liminaire. 

Cependant, il s’est voulu plus clair à l’endroit du chef de village. « Nous, également, nous sommes inquiets. Surtout parce que la réconciliation qui devait se faire, ne s’est pas faite complètement. C’est la raison pour laquelle, le président Bédié a lancé un appel de la création d’une Plateforme non idéologique. Que tu sois de gauche, de droite, d’en haut, d’en bas, ou au milieu mais que tu aimes la Côte d’Ivoire, que tu veux que les Ivoiriens soient réconciliés, rassemblés pour préserver la survie du pays, il faut qu’on se retrouve. C’est ça l’idée de la Plateforme et le président Bédié va plus loin pour dire que notre pays actuellement a besoin d’un gouvernement d’union nationale, c’est-à-dire un gouvernement dans lequel participent tous les enfants de partout quelles que soient leurs opinions pour faire la réconciliation parce que la réconciliation n’est pas faite. C’est ça qui nous fait peur…. ». 

Celui qui a fait table rase de tout ce qui est allé de travers avec ses parents dans son passé politique, a indiqué que c’est cette vision que prône le président Bédié pour que la Côte d’Ivoire aille à la réconciliation. C’est pourquoi, a-t-il révélé, « Au moment où je vous parle, nous parlons avec toutes les branches du Fpi, que ce soit le Fpi-Affi N’guessan ou le Fpi-Abou Drahamane Sangaré (paix à son âme), nous parlons avec tout le monde.

Et quand les journalistes ont interrogé le président Bédié sur le procès de Gbagbo, il a dit que même si Gbagbo avait fait des choses, il y a longtemps qu’il est emprisonné et il faut le libérer. Donc pour nous qui sommes au Pdci, Gbagbo doit sortir de prison et il va sortir de prison parce que les juges ont dit qu’il n’a rien fait. Mais le procureur a fait appel, ils vont juger en appel. Avant, il était en prison, maintenant, il est à la maison. Même s’il n’est pas en Côte d’Ivoire, il est à la maison. Avant, il ne pouvait pas sortir d’une maison, maintenant, il peut se promener dans un quartier. Donc, Dieu est en train d’agir. Tout ça, c’est la réconciliation et très bientôt, on ne va pas proclamer, mais vous allez voir. Le Pdci a décidé d’aller saluer Gbagbo en Belgique pour discuter avec lui parce qu’on pense que le président Bédié peut régler les problèmes.

Indépendamment des messages que nous allons donner à Gbagbo, nous allons lui dire de recevoir son jeune frère Affi N’guessan, ils vont faire la paix pour que le Fpi soit un, pour que tous les Ivoiriens se rassemblent pour sauver notre pays. Si on ne fait pas ça, nous, on ne va plus exister. Donc, on est inquiet comme vous, mais nous sommes en train de travailler. Priez et puis faites en sorte que les choses se passent bien. C’est un sentiment normal, mais nous allons faire en sorte qu’on ne doit pas avoir peur. Tout le monde doit se réconcilier ». En ce qui concerne Soro Guillaume, il reviendra là-dessus. 

« Je ne dirai pas le mot contrainte, j’utiliserai le mot pression. Des pressions ont été faites sur lui, à partir du moment où le président a dit, il faut venir dans mon parti unifié et qu’il dit qu’il ne peut pas et qu’il ajoute qu’il démissionne, c’est qu’on a fait pression sur lui. Sinon, personne ne peut contraindre le président de l’Assemblée nationale à démissionner, sauf quand lui-même il le veut comme Soro l’a voulu. Je veux donc dire que les institutions sont solides. Il est parti parce qu’il dit qu’il veut garder son indépendance… La preuve est qu’il est parti, il a créé un comité politique, son mouvement Raci est devenu parti politique. Est-ce qu’il pouvait rester président de l’Assemblée nationale pour faire ça ? Comme je n’ai pas assisté à leurs pourparlers, je pense que ce n’est pas une contrainte, mais c’est une pression ». 

Par ailleurs, a indiqué Guikahué, « C’est le ministre des Affaires étrangères qui s’est trahi parce que quand le Conseil de sécurité de l’Onu est allé le voir, pour dire pourquoi Soro a démissionné, il a dit : dans tous les cas, même si Soro ne démissionnait pas, on allait le remplacer. Il a fait une mauvaise lecture de la Constitution, c’est grave. Parce qu’il est écrit dans la Constitution : le mandat du président de l’Assemblée, c’est 5 ans. Par contre, son bureau est renouvelé tous les ans. Dans ce bureau, il y a 27 membres… Mais le ministre des Affaires étrangères dit au Conseil de sécurité de l’Onu que Soro n’avait qu’un an à passer encore comme président, parce qu’en avril, on va le remplacer. C’est une erreur, donc, ce sont les dires du ministre qui emmènent les gens à dire que la démission de Soro est une contrainte. Soro a 5 ans d’exercice et personne ne peut le changer sauf si lui-même décide de partir… ».

Diarrassouba Sory, Envoyé spécial

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