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Justice à géométrie variable : Quel sort pour les auteurs de la barbarie de la crise ?

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Justice pour les uns, impunité pour les autres ? La Côte d’Ivoire ou le pays où la justice est à géométrie variable ou à double vitesse selon le camp où on se trouve… Le lundi 14 septembre dernier, avant l’annonce des candidatures retenues par le Conseil constitutionnel, des individus non identifiés ont brûlé des bus de la Sotra dans la commune de Yopougon.

Trois (3) jours après soit le Jeudi 17 Septembre, plusieurs personnes présentées comme coupables de ces actes ont été arrêtées dans la commune de Yopougon. Aujourd’hui, ces personnes sont derrière les barreaux. Mais avant, le vendredi 20 mars, des individus ont saccagé du matériel d’enrôlement de l’établissement de la Carte Nationale d’Identité (CNI) à la mairie technique située au quartier Sideci-Lem à Yopougon. Une trentaine de personnes ont été interpellées le même jour, grâce à « l’efficacité » des forces de l’ordre. Le même jeudi 13 Août, un jeune dans la commune de Bonoua est tué par balle lors des manifestations anti 3ème mandat.

Jamais le tireur n’a été identifié, aucun des agents commis pour maintenir, l’ordre ce jour-là, n’a été interrogé, aucune enquête pour en savoir davantage sur ce meurtre. La suite, on la connait. Des violences inouïes sont signalées çà et là avec des jeunes miliciens, des « microbes », armés de machettes qui attaquent et tailladent les manifestants anti 3ème mandat. Le 13 Août, plusieurs vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrant des individus transportés dans des minicars, gbaka, attaquent des manifestants anti troisième mandat.

Amnesty International, dans un rapport publié le 18 août, s’appuie même sur un témoignage exclusif d’un policier qui était sur le terrain et de plusieurs autres habitants du quartier de Yopougon. Selon ces derniers, des minibus appelés « gbaka », dont l’un se fera remarquer par sa couleur verte, transportant des jeunes armés de machettes, auraient aidé les forces de sécurité à disperser les manifestants, ce jeudi 13 août à coups de machette. Malgré toutes les images et vidéos montrant bien ces miliciens à l’œuvre, aucune enquête ni appel à témoins ne sera lancé contrairement à l’incendie des bus. Les occupants du gbaka vert et leurs complices, qui opéraient à visage découvert, continuent de courir et certains sont reconnus dans plusieurs autres agressions…

Un mutisme déconcertant
Alors que les victimes attendent des poursuites, un communiqué publié par la police, des plus invraisemblables, indiquait qu’il s’agissait de la protection desdits véhicules qui tentaient de se frayer un chemin. Bien plus, le gouvernement, dans un communiqué en guise de réponse aux accusations de Amnesty international, fait comprendre que les accusations n’étaient pas fondées… (Comme on le dit à Abidjan, quelque chose que tout le monde a vu et relayé par des témoins) avec cette sortie, les autorités ivoiriennes avaient donné ainsi un mot d’ordre clair à l’impunité. Et cela s’est accentué lorsque des actes étaient commis contre des manifestants anti 3ème mandat et contre la désobéissance civile…

Ainsi on connaîtra Daoukro, Dabou, Bongouanou, Sikensi et M’Batto, et bien d’autres villes. Le monde entier a été choqué à la vue d’une vidéo de décapitation des plus horribles. Plus loin à Yopougon, théâtre d’une terreur indescriptible dans la nuit du mercredi 28 octobre 2020. Une scène de vandalisme sans nom qui a plongé ce quartier de Niangon Yopougon Académie dans la stupeur totale. Des « microbes », cette nuit-là, non loin du Carrefour Lokoua, feront une victime. Un jeune gérant de magasin sera tailladé à la machette.

Le corps sans vie sera retrouvé par des riverains. Dans les vidéos publiées par plusieurs témoins, 4 véhicules de la police étaient aux côtés des miliciens dans leur descente funeste sur des habitants des quartiers. Cette autre expédition ne connaîtra aucune suite. Les individus bien reconnus via les images vidéo, ne seront jamais arrêtés. Aucun appel à témoins, rien…Ils tuent et ne sont nullement inquiétés…Nous présentons ces faits pour montrer la partialité dans les poursuites, qui explique que certains se disent protégés par les mêmes régulateurs. C’est cela la justice à géométrie variable. Surtout quand la loi est applicable à certains et pas à d’autres. Des individus peuvent agir impunément, assurés de ne pas être inquiétés.

Au regard de la vidéo devenue virale et qui a mis le monde dans une colère noire, et dans l’émoi, on voit bien que les bourreaux du pauvre jeune décapité ne se disent pas inquiétés. Ils ne sont pas apeurés encore moins l’entourage et celui qui filme. Ils ne sont pas gênés par la caméra qui tourne. Bien au contraire, ils jubilent et sont plus que heureux de l’acte et poussent loin leur « bravoure » en exprimant leur audace comme une sorte de suprématie exhibitionniste.

La tête décapitée est shootée comme un ballon de foot. Qu’elle cruauté ! Dans un mutisme déconcertant, jamais un appel à témoins ne sera lancé pour ces crimes odieux (du moins jusqu’à présent, parce que nous continuons d’espérer) commis dans plusieurs localités en proie à ces violences. Et les coupables pourront se promener librement ou se perdre dans la nature comme le Gbaka vert, ses occupants et ceux qui accompagnaient. Après, on s’étonnera que les citoyens aient perdu toute confiance aux régulateurs sociaux…
JEAN PRISCA

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