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L’HONORABLE KKS SE RETIRE DE LA COURSE À LA PRÉSIDENTIELLE ET APPELLE A UNE SUSPENSION DU PROCESSUS ÉLECTORALE :

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Ce lundi 31 août 2020, Konan Kouadio Siméon s’est rendu au siège du groupe parlementaire ‘Vox Populi’ pour interpeller les députés membre de ce groupe sur le danger qui plane sur la CI en cette période électorale. Après avoir tiré la sonnette d’alarme, l’ancien député de d’Adiaké a mis les représentants du peuple face à leurs responsabilités.

CI-DESSOUS L’INTEGRALITÉ DE LA DECLARATION DU PRESIDENT KONAN KOUADIO SIMEON

Monsieur le Président du Groupe parlementaire Vox populi,

Honorables, Mesdames et Messieurs les Députés du Groupe parlementaire Vox populi,

Mesdames et Messieurs de la presse nationale et internationale,
L’acte que nous nous apprêtons à poser ce jour au-devant de la nation, au travers de ses dignes représentants ici présents, peut paraitre curieux au regard de son caractère inédit. Et pourtant, de ma modeste compréhension de la définition de la démocratie, un tel acte devrait être des plus courants. En effet, si la démocratie est le gouvernement du peuple par le peuple, l’initiative de recourir au peuple et donc à ses représentants devrait être un réflexe aussi souvent que l’état de la nation le commande. L’état actuel de notre chère Côte d’Ivoire commande-t-il un recours au peuple ? En mon humble sens, Oui. Voilà donc tout le sens de notre présence ce jour ici devant les députés du groupe parlementaire vox populi.

Honorables Mesdames et Messieurs les députés,

Peuple de Côte d’Ivoire,
Voilà plus de trois longues décennies que notre pays est plongé dans une crise sociologique grave dont les tragiques péripéties et douloureux souvenirs restent encore vivaces dans chaque esprit. Comme un sort qui s’acharne sur elle, la Côte d’Ivoire, depuis la disparition du Président Houphouët Boigny, reste en proie aux sempiternelles querelles et rivalités politiques fratricides et notamment en période électorale, avec leurs lots de désolation, de souffrances et de larmes.

Il vous souviendra, et vous me pardonnerez l’évocation de tristes souvenirs, que tout a commencé en 1990 avec les chaudes journées ayant précédé le retour au multi partisisme, 3 morts ont été officiellement attribués à ces mouvements. Puis nous sommes passés en 1995 avec le boycott actif du front républicain, on dénombrera officiellement 30 morts. En 2000 l’on comptera officiellement 300 morts et en 2010, 3000 morts.
Si je me suis fait violence à vous rappeler ces chiffres, c’est pour indiquer la gravité de la situation avec l’évolution du bilan macabre qui fait froid dans le dos, se multipliant à chaque fois par 10.

Honorables Mesdames et Messieurs les députés,

Peuple de Côte d’Ivoire,
Nous voici, à nouveau à une autre de ces redoutables échéances. Et manifestement, elle ne semble pas annoncer la rupture d’avec cette longue et douloureuse chevauchée. Bien au contraire, tout indique, avec les mêmes ingrédients et les mêmes causes en présence, que nous sommes dans la perspective de perpétuer la malheureuse tendance avec les mêmes effets que précédemment.
Déjà, le décompte macabre a commencé. A ce jour le compteur officiel affiche une dizaine de pertes en vies humaines, une vingtaine, affirment d’autres sources.
Si nous déplorons à ce stade déjà un bilan aussi lourd,

Qu’en sera-t-il des protestations inévitables qui suivront l’invalidation de la candidature certaine, au regard de la loi, de Monsieur Laurent Gbagbo ?

Qu’en sera-t-il des protestations inévitables qui suivront l’invalidation de la candidature certaine, au regard de la loi, de Monsieur Guillaume Soro ?

Qu’en sera-t-il des protestations inévitables qui suivront la probable validation de la candidature de Monsieur Alassane Ouattara ?

Honorables, Mesdames et Messieurs les députés de la nation,
Peuple de Côte d’Ivoire,
Ayant à l’esprit les chiffres et le rapport que je viens de rappeler, allons-nous assister impuissants, voire complices à la réédition de la tragédie ?
Allons-nous regarder sans rien faire, sans tout faire, se multiplier par 10 le prochain bilan macabre ?
Allons-nous assister sans bouger à la destruction du pays et à l’implosion de la nation ?

Honorables députés,

Peuple de Côte d’Ivoire,

Les affrontements intercommunautaires récurrents depuis quelques années, confirmés par ceux tragiques de récents évènements de Daoukro, Bonoua, Divo, Gagnoa, Guiberoua…. Et les propos clairement ethnicistes abondamment relayés depuis un certain temps et toujours en ces instants cruciaux de notre pays nous interpellent. Ils nous interpellent collectivement en tant que peuple. Ils nous interpellent individuellement en tant que citoyen.

Je suis venu à vous ce jour pour vous confier mes graves inquiétudes pour les lendemains de notre pays. Je suis venu au-devant de la nation pour interpeller, à travers ses dignes représentants que vous êtes, le peuple de Côte d’Ivoire. Je suis venu nous interpeller sur ce qui se joue en ce moment dans nos villes et villages. Je suis venu interpeller le peuple sur ce qui se joue en ce moment même à la CEI. Je suis venu interpeller le peuple et chaque ivoirienne et ivoirien sur les risques de déflagration générale que font peser, dans le contexte présent, la tenue de l’élection présidentielle à la date du 31 octobre 2020.
La curieuse affluence record des candidats à la CEI après avoir tous décrié les tares de cette institution ainsi que le caractère illégal, anticonstitutionnel, inique et inopérant de certaines dispositions du code électoral nouveau et du décret tardif du 13 juillet 2020 précisant les modalités d’organisation du processus, cache, au-delà de la simple stratégie politique, l’exaspération et la détermination d’en découdre.

A la vérité, les conditions minimales d’une élection aux lendemains paisibles pour la Côte d’Ivoire et son peuple ne sont pas réunies. En réalité, sous cette trompeuse apparence de calme et de tranquillité, sommeille un volcan qui peut se réveiller à tout moment. Notre pays vit en effet, sournoisement, une crise à la fois politique, institutionnelle et sociale qui appelle une réponse urgente. Laquelle réponse passe certes par la ré-légitimation de l’Etat et de ses institutions à travers des élections.

Cependant, les crises postélectorales désastreuses que nous avons connues à chaque élection et notamment Présidentielle depuis ces trois dernières décennies nous montrent bien que la simple organisation des élections ne constitue pas la panacée. Elle ne l’a pas été hier, elle ne le sera manifestement pas aujourd’hui si nous ne tirons pas les leçons du passé pour les précéder d’un travail préparatoire de fonds. Ce travail de fonds ne peut se faire à mon avis que dans le cadre d’une transition politique à l’effet de bâtir un consensus national et un nouveau contrat social autour de tout ce qui nous a divisés et notamment autour de la vitale et incontournable question de la réconciliation nationale.

C’est pourquoi, devant le peuple de Côte d’Ivoire je veux en appeler à la suspension du processus électoral et réitérer solennellement mon appel au dialogue inclusif et à la concertation nationale de toutes les forces vives afin de construire le nécessaire consensus national à l’effet d’acter librement et pacifiquement, dès la fin du mandat du Président sortant, la désormais évidente et inévitable TRANSITION DEMOCRATIQUE, CONSENSUELLE et INCLUSIVE pour éviter le chaos à notre peuple.

Pour faciliter ce processus, j’en appelle :

  • A la réforme de la Commission Electorale Indépendante
  • A la libération des prisonniers militaires, civils et politiques notamment de la militante Edith Gbalet et les députés incarcérés,
  • Au retour de tous les exilés y compris le Président Laurent Gbagbo, Soro guillaume et tous les autres leaders politiques
  • A la prise d’une amnistie générale pour apaiser l’environnement sociopolitique.
    Pour ma part, j’ai déjà déclaré que je n’étais pas candidat à l’élection du 31 octobre qui pour moi ne peut se tenir pour les raisons évoquées plus haut. Mais plutôt candidat pour la transition, fruit de consensus ou d’élection démocratique, régulière, juste et équitable. Je me suis cependant préparé espérant un ultime sursaut salutaire, pour y entrer par la porte de la CEI, j’ai rempli toutes les conditionnalités pour. Je me suis même déplacé ici avec mon dossier au grand complet. Voici la liste de mes parrains en fichier numérique et mes fiches physiques sur les 17 régions requises. Voici mon chèque de 50 000 000 de f CFA. Hélas, le miracle n’est pas arrivé.

Aussi, en conséquence de mon appel à la suspension du processus et pour rester constant et cohérent mais également et surtout pour dégager ma conscience de toute responsabilité dans la légitimation de ce processus inique aux conséquences imprévisibles sur la paix sociale, je confirme ma décision de ne pouvoir m’associer à cette autre mascarade électorale et je m’en remets au peuple de Côte d’Ivoire pour ma proposition d’une TRANSITION DEMOCRATIQUE, CONSENSUELLE ET INCLUSIVE dès la fin du mandat et pour ma candidature, en offre de bons offices, pour le PARDON, LA RECONCILIATION ET LA PAIX DURABLE en Côte d’Ivoire.

Monsieur le Président du groupe parlementaire Vox populi,
Honorables, Mesdames et Messieurs les députés de la nation,

Voilà le message que je suis venu vous confier de la part de la plateforme citoyenne Consensus pour le Changement, la Réconciliation et la Paix (CNNCRP) mais également de la part de tous ces ivoiriens et ivoiriennes sans voix et sans écriture.
Vive la République,
Vive la Côte d’Ivoire à nouveau unie, paisible et prospère,
Dieu bénisse son peuple !

Je vous remercie.
Fait à Abidjan le 31 Août 2020

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