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Lu dans JA Economie – Bédié : « Je suis un homme de devoir » (I)

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Les militants du RDR (parti du Président Alassane Ouattara) et du RHDP (sa nouvelle coalition) affirment que la Côte d’Ivoire ne s’est jamais aussi bien portée, puisqu’elle enregistre des taux de croissance économique de 8 à 10% par an depuis son arrivée au pouvoir. Et qu’il n’y a donc pas de raison de procéder à une alternance politique. Qu’en pensez-vous?

L’alternance politique relève de la volonté du peuple qui s’exprime à travers un scrutin dit présidentiel, seul instrument démocratique de la dévolution du pouvoir d’Etat.

La référence à l’évolution d’un indicateur macroéconomique, tel que le taux de croissance du PIB de 8 à 9% en moyenne sur une période de huit années, ne saurait justifier la non tenue de l’élection présidentielle d’octobre 2020.

Cette échéance est non négociable.

Au regard de la réalité économique, l’on note que cette croissance du PIB n’a pas engendré une réduction significative du niveau de la pauvreté en Côte d’Ivoire qui est de l’ordre de 46,7%, soit environ un Ivoirien sur deux vivant sous le seuil de la pauvreté, avec moins de 1,1 euro.

Ce niveau de pauvreté est, également, confirmé par le mauvais classement de la Côte d’Ivoire à la 170ème place sur 180 pays au titre du développement humain.

De même, l’on peut également rappeler que le monde paysan connaît un niveau de pauvreté élevé.

Au vu de ces statistiques économiques, sans rappeler les indicateurs des secteurs sociaux de base, tels que l’accès aux soins de santé, l’accès à un premier emploi pour les nombreux diplômés au chômage de l’ordre de 70 à 90% et l’éducation, l’alternance politique, par la voie des urnes, est non négociable.

Vous êtes un des premiers citoyens ivoiriens à avoir obtenu un doctorat en sciences économiques et à avoir eu une carrière nationale et internationale au plus haut niveau. Quelle est votre propre évaluation de la situation économique et sociale de votre pays ?

Mon opinion sur la situation économique et sociale de la Côte d’Ivoire transparaît dans ce que je viens de dire plus haut.

Je note que les gouvernements, après l’an 2000, n’ont pas transformé en opportunités de développement durable les ressources générées par l’annulation massive de la dette extérieure après l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE en novembre 2012.

Sur un stock global de dettes de 6 374 milliards de FCFA, la Côte d’Ivoire a bénéficié d’une réduction d’environ 4 090 milliards de FCFA, soit un stock résiduel de 2 283 milliards de FCF A à amortir sur une période plus longue.

Cet allègement substantiel a facilité le recours à de nouvelles sources de financement de l’économie. Celles-ci n’ont pas été injectées dans des secteurs porteurs de croissance et de création d’emplois décents (l’agriculture en particulier).

Ainsi, à fin juin 2018, le stock total de la dette s’élève à environ 11 000 milliards de FCFA. L’essentiel de ces ressources a contribué au financement des travaux d’infrastructures routières, dont la plupart ont connu une dégradation rapide.

En termes de résultats, bénéficiant de cet effet de rattrapage, la Côte d’Ivoire a enregistré un taux de croissance du PIB soutenu de l’ordre de 8 à 9% en moyenne annuelle de 2011 à 2015.

Cette croissance s’est estompée dès 2016 en raison de la faiblesse structurelle de notre économie caractérisée par:

1- une forte concentration à Abidjan de 80% des activités des entreprises des secteurs industriel et tertiaire,

2- une économie largement informelle, avec une part estimée de 30 à 40% du PIB, qui emploie 90% de la population active,

3- une baisse du cours du cacao de près de 50%,

4- une sous-fiscalisation de l’économie entraînant un déficit des comptes publics d’environ 4% du PIB à fin 2017,

5- une pression sur les terres cultivables, car de 12 millions d’hectares en 1960, la superficie de celles-ci est de 3 millions d’hectares de nos jours.

Il en découle que chacune de ces faiblesses a réduit le potentiel de création des richesses nationales.

Ainsi, de 2016 à 2018, le taux de croissance du PIB a connu une tendance baissière, en passant de 8,2% en 2016, 7,8% en 2017 à 7,4% en 2018.

Les statistiques officielles indiquent que le taux de chômage en Côte d’Ivoire en 2018 était de 2,5% seulement. Croyez-vous en la véracité de ce chiffre ?

Non! Je conteste cette affirmation. Ce chiffre communiqué par le gouvernement a suscité beaucoup de polémiques dans l’opinion nationale.

A cet égard, le gouvernement a dû, à son corps défendant, expliquer que ce chiffre, obtenu sur la base des critères du BIT, ne reflétait pas la réalité du chômage en Côte d’Ivoire.

Le gouvernement a, ainsi, indiqué que ce taux de 2,8% ne prenait en compte que les sans-emploi qui avaient exprimé formellement le désir d’avoir un emploi public ou privé, conformément aux critères restrictifs de l’enquête.

Tel que justifié le 15 janvier 2018 par le gouvernement, ce taux de chômage de 2,8% a été obtenu sur la base de l’enquête emploi de l’année 2016, en référence aux trois critères définissant le chômage selon le Bureau International du Travail; à savoir:

– être sans emploi,

– être disponible pour travailler,

– être activement à la recherche d’un emploi.

Si un seul de ces trois critères n’est pas rempli au moment de l’enquête, tous ceux qui sont sans emploi ne sont pas comptabilisés au nombre des chômeurs.

Au regard de la réalité économique dans notre pays, les populations, pour leur survie, sont contraintes d’exercer tout emploi même indécent. D’où le faible niveau du chômage.

En effet, les emplois indécents exercés par cette catégorie de travailleurs concernent à 90% le secteur informel. C’est fort de cela que le rapport 2018 de la Banque Africaine de Développement situe le taux de chômage en Côte d’Ivoire entre 70 et 90% de la population active. Ici, réside la vérité!

Les jeunes Ivoiriens, y compris ceux qui sont bardés de diplômes, ne trouvent pas d’emploi et la plupart d’entre eux sont réduits à des activités du secteur informel ou à l’exil. Quelles sont vos idées pour résoudre la question de l’emploi?

Il n’y a pas de recettes particulières pour la résorption du chômage.

L’élément clé à percevoir, sur le moyen et long termes, c’est de mener une étude prospective en termes d’adéquation éducation-formation-emploi.

En un mot, il faut cibler les secteurs porteurs de croissance dans notre économie et promouvoir conséquemment une formation adaptée aux besoins des entreprises privées de ces secteurs.

Il s’agit de donner un contenu pratique, en termes de débouchés, aux enseignements et formations dispensés dans nos universités et grandes écoles.

Pour ce qui est de l’emploi public, la gestion des effectifs doit reposer sur une projection à moyen et long termes des besoins des services publics, tenant compte des nouveaux outils de gestion.

C’est à ce prix que les nombreux diplômés dans le domaine des nouvelles technologies de l’information, à ce jour au chômage, peuvent être intégrés dans les secteurs publics et para publics.

La presse ivoirienne révèle régulièrement des problèmes de mauvaise gouvernance et de corruption. Le pouvoir actuel affirme qu’il s’agit de problèmes anciens qui sont en train de trouver une solution. Qu’en pensez-vous?

Il ne s’agit pas de faire l’historique de la mauvaise gouvernance. Cela ne saurait justifier les abus constatés dans les passations de marchés ou l’utilisation des deniers publics à des fins personnelles ou partisanes comme l’ont maintes fois révélé les services de l’Agence de Régulation des Marchés Publics, placée sous l’autorité de la présidence de la République de Côte d’Ivoire.

Le dernier rapport de Transparency est assez révélateur de la persistance du fléau de la corruption en Côte d’Ivoire.

Comment peut-on résoudre la corruption en Côte d’Ivoire?

La corruption naît de l’absence de contrôle et de sanctions exemplaires de la part des gouvernants et des autorités en charge de la protection des biens publics.

C’est dire que la combinaison de ces deux actions pourrait faire reculer substantiellement ce fléau et faire naître un esprit citoyen dans la gestion des biens publics.

Pensez-vous que la justice ivoirienne soit actuellement indépendante?

Elle a les moyens de son indépendance de par la Constitution.

Il lui suffit tout simplement de dire le droit en toutes circonstances sans céder à tout type d’injonction venant du pouvoir exécutif, comme cela a été maintes fois le cas lors des tentatives avortées de liquidation judiciaire du PD CI-RDA entre le 17 juin 2018 et le 15 octobre 2018.

Suite à des décisions de justice portant annulation des décisions de notre bureau politique du 17 juin 2018 et du 24 septembre 2018, nous avons eu recours à la tenue d’un congrès extraordinaire le 15 octobre 2018 pour protéger les instances et organes statutaires de notre parti.

L’économie ivoirienne ne s’est pas suffisamment diversifiée, puisqu’elle continue à exporter les principales matières premières non transformées exploitées de son sol et de son sous-sol. Comment expliquez-vous un tel paradoxe près de 60 ans après l’indépendance?

Ce paradoxe découle d’un manque de volonté politique car nous disposons de tout le potentiel nécessaire à l’amélioration de la chaîne des valeurs des principaux produits de rente que sont le cacao, le café, l’anacarde, l’ananas et l’hévéa.

A ce jour, l’on note que le niveau de la transformation de ces produits est relativement faible, soit environ de 33% pour le cacao et d’un niveau plus faible pour les autres produits cités plus haut.

Par ailleurs, nous disposons, également, des instituts de recherche pour promouvoir l’amélioration de la qualité et de la variété de ces produits.

Ayant été vous-même aux affaires et ayant occupé la magistrature suprême pendant six ans, est-ce que vous croyez porter, vous aussi, une certaine responsabilité dans l’état actuel de l’économie ivoirienne?

Je ne crois pas. Cela fait vingt ans que je ne préside plus aux destinées de la Côte d’Ivoire. Il est vrai que nous avons participé, jusqu’à une date récente, à plusieurs gouvernements de large ouverture. Cependant, l’action gouvernementale relève des orientations données par le président de la République qui porte seul la responsabilité des résultats économiques enregistrés.

Contrairement à d’autres grands pays d’Afrique francophone ou du Sahara comme le Sénégal, le Cameroun, le monde des affaires en Côte d’Ivoire est très largement dominé par des hommes d’affaires étrangers. Les industriels ivoiriens qui comptent sont peu nombreux. Pensez-vous qui ce soit un problème? Ou croyez-vous que l’essentiel est que l’investissement privé existe, ceci quelle que soit son origine?

La présence d’investisseurs ou d’opérateurs économiques étrangers en Côte d’Ivoire n’est pas en soi un problème. Ce qui doit prévaloir, c’est le respect de la réciprocité de l’installation des investisseurs ivoiriens dans les autres pays de la sous-région. L’investissement des capitaux étrangers dans notre économie est la preuve de la capacité de notre économie à créer des richesses supplémentaires qui rémunèrent, à juste titre, ces capitaux étrangers.

Il appartient au gouvernement ivoirien de favoriser l’émergence de petites et moyennes entreprises, à travers des financements adaptés, car le coût du crédit, très élevé, ne facilite pas l’accès aux ressources bancaires.

SON ÉVALUATION DU MARCHÉ POLITIQUE IVOIRIEN,

La grande nouvelle de ces dernières semaines est la rencontre très médiatisée entre vous-même et votre jeune frère, l’ancien Président Laurent Gbagbo ; rencontre qui a eu lieu à Bruxelles. Comment s’est organisée cette rencontre? Qui en a pris l’initiative?

La rencontre a été voulue des deux côtés. De mon côté, je souhaitais rencontrer l’ancien président Gbagbo parce que je ne l’avais pas vu depuis son départ en exil, soit près de dix ans. De son côté, il avait besoin de réconfort, de la part d’un acteur important de la politique ivoirienne.

Pour la tradition africaine, étant donné qu’il était astreint à un certain périmètre dans ses mouvements à Bruxelles, il m’incombait à moi, l’aîné, d’aller vers lui pour le conforter. Cette rencontre s’est très bien passée.

Quels étaient vos rapports avec lui lorsqu’il était chef de l’Etat ? Aviez-vous approuvé la décision de le transférer à la Cour pénale internationale en 2011 ?

Cette décision ne dépendait pas de moi, mais du gouvernement de l’époque. Quant aux rapports que j’entretenais avec Laurent Gbagbo, ils étaient suivis et corrects. Nous nous rencontrions régulièrement pour discuter des questions importantes liées au destin de la nation. Soit il venait chez moi pour prendre conseil. Soit il m’invitait au palais du temps où il était président de la République.

Comment avez-vous trouvé Laurent Gbagbo, sur le plan physique et sur le plan de son état d’esprit ?

Je l’ai trouvé en bonne forme. Je m’attendais à le trouver amaigri, mais il est resté tel qu’il était. Il avait bon moral. J’ai retrouvé là le combattant politique de toujours

Vous a-t-il paru amer, aigri, rancunier ou optimiste ?

Il m’a paru comme quelqu’un qui est prêt et impatient de rentrer au pays et de réintégrer le jeu politique.

Vous avez convenu avec lui de former une grande plateforme d’opposition pour empêcher le parti du Président Alassane Ouattara de s’incruster au pouvoir en Côte d’Ivoire. Cette nouvelle alliance avec Laurent Gbagbo est-elle simplement de circonstance?

Je parlerai plutôt de rapprochement entre les plateformes conduites respectivement par nos deux formations politiques; à savoir que nous menons déjà, conjointement, des actions et des activités politiques sur le terrain.

Ce rapprochement, que nous avons demandé à nos partisans, n’est pas d’ordre idéologique. Dans ce sens, il s’agit de regrouper les partis politiques et les forces vives de la nation pour restaurer l’Etat de droit et préserver les acquis démocratiques, actuellement menacés en Côte d’Ivoire. L’ensemble de nos activités et actions politiques doivent concourir à la réconciliation nationale, seul gage du retour d’une paix définitive et durable en Côte d’Ivoire.

Mais c’est aussi un rapprochement qui se veut permanent pour discuter, au-delà de cette échéance de 2020, des questions touchant la nation ivoirienne.

Ce rapprochement qui s’apparente à une alliance est-il concret ou toujours à l’état de projet ? Et peut-il tenir lorsque l’on observe les nombreuses défections et les divisions aussi bien au sein de vos deux partis respectifs que sur l’ensemble de la scène politique ivoirienne?

Ce rapprochement que vous qualifiez « d’alliance» est bien réel. II existe. II s’exécute de fort belle manière comme en témoigne le meeting conjoint que nous organisons le 14 septembre prochain à Abidjan avec tous les partis politiques de l’opposition, significative regroupés dans les deux plateformes auxquelles nous appartenons respectivement.

Quel est le sens de ce rapprochement ? Que répondez-vous à ceux qui le jugent contre-nature?

II n’y a pas de rapprochement politique contre-nature. Ce rapprochement est fait pour réaliser des objectifs ensemble. Ce rapprochement que nous avons rendu concret n’est dirigé contre personne. C’est un rapprochement pour asseoir les bases saines de l’alternance démocratique pour une reconquête du pouvoir d’Etat en notre faveur.

Jusqu’où pourriez-vous aller avec un tel rapprochement?

Nous irons jusqu’à la conquête du pouvoir et au-delà. Ce rapprochement est un instrument pour servir le peuple ivoirien.

Il y a quinze ans, en 2015, vous avez participé à une autre alliance et vous avez soutenu le candidat d’un groupement politique, dénommé : « Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix ». D’aucuns pensent que cette alliance n’était ni sincère ni réaliste. Etes-vous d’accord?

Le RHDP était nécessaire en 2005. II nous fallait cela pour conquérir le pouvoir et développer le pays. Mais cette alliance a été dévoyée. Elle est devenue un outil de pouvoir au profit d’un seul homme.

Votre plateforme d’opposition inclut-elle l’ancien Premier ministre et ancien Président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro ? Quels seront les rôles respectifs des uns et des autres?

Absolument. Guillaume Soro, l’ex-Président de l’Assemblée nationale, et les formations politiques qui le soutiennent, ont rejoint cette alliance.

Que pensez-vous personnellement de Guillaume Soro, qui n’a pas toujours été du même bord politique que vous?

Nos rapports sont excellents depuis qu’il a pris la défense d’Alassane Ouattara. Lorsque l’élection du Président Alassane Ouattara a été contestée et qu’il y a eu la crise post-électorale, il a pris la tête des combattants pour Ouattara. II a offert sa poitrine pour sauver le pouvoir de Ouattara. Depuis lors, il est resté avec moi car moi aussi, à l’époque, je soutenais Ouattara. Nous avions fait en quelque sorte de la prison ensemble à l’hôtel du Golf à Abidjan.

Quelle évaluation générale faites-vous de la situation politique et sociale actuelle de la Côte d’Ivoire?

Je note comme beaucoup d’acteurs politiques ivoiriens et d’autres observateurs étrangers de la vie de notre nation que le tissu social politique se désagrège.

Comme je l’indiquais récemment à Daoukro, mon village natal, certains faits sociaux méritent d’être traités urgemment par le gouvernement.

II s’agit, au plan social:

– du phénomène de l’orpaillage clandestin organisé par des bandes armées, dont l’activité constitue une menace pour l’équilibre écologique et la paix sociale,

– de la fraude sur la nationalité ivoirienne, à même de compromettre la sincérité du scrutin présidentiel d’octobre 2020,

– des activités illicites des milices armées, appelées dozo, qui opèrent comme des forces de contrôle du mouvement des personnes et  biens, sans qu’elles ne soient interpellées et arrêtées par les forces régulières de la République que sont la police et la gendarmerie,

– de l’occupation anarchique des terres cultivables par des bandes armées, au mépris de la loi de 1998 relative au foncier rural,

– de l’envahissement des forêts classées par des bandes également armées.

Au plan politique, nous notons plusieurs dérives, dont l’une des plus graves est l’instrumentalisation de la justice à des fins d’affaiblissement et de division des partis politiques de l’opposition ivoirienne.

Enfin, à l’attention de l’opinion internationale, il faut indiquer que le gouvernement de la République de Côte d’Ivoire ne s’est pas donné les moyens de discuter avec l’opposition ivoirienne significative de la réforme profonde de la Commission électorale indépendante, telle qu’ordonnée par la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, à travers l’arrêt rendu le 18 novembre 2016.

Le gouvernement s’est contenté d’élaborer avec une opposition, choisie par lui-même sur mesure, un projet de loi non consensuel.

Nous notons, à ce jour, un blocage, après la promulgation de ladite loi, car l’opposition ivoirienne significative refuse de siéger dans cette Commission électorale qui ne lui paraît pas indépendante, neutre et impartiale.

Au regard de ces faits majeurs, l’état actuel de la nation requiert, de mon point de vue, un processus de dialogue politique soutenu entre les acteurs politiques significatifs pour parvenir à une réconciliation nationale.

Cette réconciliation me paraît essentielle et urgente pour l’adhésion de tous à un nouveau pacte social, seul susceptible de garantir la cohésion sociale à travers une paix définitive et durable en Côte d’Ivoire.

Quelle est la dernière fois que vous avez parlé directement avec le Président Alassane Ouattara ? Et quelles sont vos relations personnelles avec le Président Alassane Ouattara?

Je ne le vois plus depuis un an. Et je ne lui ai pas parlé depuis plus d’un an. Notre dernière rencontre remonte au 8 août 2018. En 2015, conformément à notre accord (appel de Daoukro du 17 septembre 2014), je me suis retiré de la course présidentielle et j’ai convaincu les dirigeants et les militants du PDCI-RDA de ne pas présenter de candidat pour faciliter la réélection d’Alassane Ouattara. C’était ce à quoi je m’étais engagé. J’ai tenu ma parole. On ne peut pas en dire la même chose de lui …

In Jeune Afrique Economie 411

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