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Meilleure connaissance des ressources en eau en Côte d’Ivoire : Le Bélier abrite la phase pilote d’installation des stations de télémétrie

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La Côte d’Ivoire veut avoir une meilleure connaissance de ses ressources en eau. Et pour cause, la problématique d’accès à l’eau se pose avec accuité dans certaines régions.

Ce, avec le changement climatique, l’on assiste au dessèchement des cours d’eau. Pour mieux maitriser la question, la région du Bélier vient d’être choisie pour abriter la phase pilote d’installation des stations de télémétrie. Pour cette phase pilote, trois stations seront installées. Celles-ci seront implantées sur des rivières dans les localités de Tchimoukro (Kokumbo), de Lomo Nord (Toumodi) et Didiévi. Alain Tidière, directeur de Corail, explique les enjeux d’un tel projet « La problématique, c’est que la Côte d’Ivoire, jusque-là, a beaucoup d’eaux. Sauf que les changements climatiques font qu’elle en a de moins en moins ; les ressources sont en train de diminuer. Ça, c’est le premier élément.

Le deuxième élément, c’est que la Côte d’Ivoire a besoin de plus en plus d’eau parce qu’elle veut développer l’hydroélectricité, elle veut développer la riziculture, parce qu’elle veut augmenter la proportion de la population qui a accès à l’eau potable. Ça veut dire qu’il y a des ressources qui sont en train de décroître et il y a des besoins qui sont en train d’augmenter. Jusque-là, la Côte d’Ivoire gérait l’abondance en définitive et que progressivement, elle va être emmenée à gérer la pénurie. » a fait savoir l’expert avant de continuer pour expliquer davantage le projet « Quelle est la meilleure manière de gérer une ressource ; c’est de la connaître. Jusque-là, la direction générale de l’hydraulique (Dgh) avait un dispositif avec quelques stations mimétriques où on avait des échelles qu’on lisait à l’œil.

Ce n’était pas très, très efficace et comme la Côte d’Ivoire veut améliorer l’efficacité de sa connaissance et le suivi de ses ressources en eau, elle a besoin d’améliorer les technologies. Ce sont des technologies qui sont un peu compliquées, complexes mais je n’ai pas de doute qu’en Côte d’Ivoire, il y a toutes les compétences pour gérer cela. Ces technologies exigent des organisations particulières. Donc l’idée, c’est de mettre en place un dispositif mais c’est de mettre en même temps en place l’appui aux organisations pour que les institutions qui vont s’occuper de la collecte de cette connaissance et l’exploitation de cette connaissance s’adaptent progressivement à cette technologie. » Cette phase pilote, qui sera un démonstrateur, est l’initiative du Conseil régional du Bélier (Crb).

Ce, dans le cadre de sa coopération avec la région française d’Auvergne-Rhône-Alpes. « Nous installerons, dans un premier temps, un dispositif restreint et autour de ce dispositif restreint, on met en place et on teste les organisations. Et en cas de succès et je n’ai aucun doute, on déploiera au niveau national, cette fois-ci en sachant comment s’organiser, quelle compétence transférer. Le projet, tel qu’il est aujourd’hui, a pour objectif de mettre en place le pilote et de tirer les enseignements de ce pilote », a fait savoir Alain Tidière qui s’est prononcé sur la fonctionnalité desdites stations qui verront le jour d’ici l’été prochain autour du mois de juin. « Ce sont des stations automatisées qui prennent en permanence les niveaux d’évolution de la rivière et par des calculs qui vont être faits par la Dgh, vont traduire la hauteur d’eau en débit.

Donc la Dgh va renvoyer au CRB, en permanence, les données de façon à ce que le Conseil régional du Bélier ait en permanence la connaissance des débits de ses rivières et leurs évolutions. Il y a plusieurs évolutions, les évolutions en période de crue et les évolutions en période de baisse d’eau. Il y a aussi les évolutions climatiques et c’est là où le Conseil régional va prendre des décisions en matière de réalisation de barrage par exemple ; pour le développement de la riziculture et autres. Les élus du Conseil régional ont besoin d’éléments objectifs pour définir leur politique de développement. Et ces outils qui seront installés vont leur donner des informations d’aide à la décision… », a-t-il indiqué avant de relever qu’une équipe est sur le terrain pour les dossiers d’exécution dudit projet « Ça va coûter globalement, y compris les interventions de la Dgh, les frais, les prises en charge du Crb, à peu près 450 000 Euro soit près de 296 Millions de FCFA. »
JEAN PAUL LOUKOU

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