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Yamoussoukro : Construits par Houphouët-Boigny Le Cafop supérieur, les lycées scientifiques et mamie Adjoua en agonie L’Inphb sauvé par le C2dd

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Yamoussoukro Construits par Houphouët-Boigny

Le père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne a fait de l’éducation nationale, le levier du développement de la Côte d’Ivoire. Il s’y est beaucoup investi car pour lui rivaliser avec l’occident il faut au peuple africain et singulièrement à la Côte d’Ivoire des cadres bien formés. C’est pour quoi il a construit plusieurs établissements scolaires d’excellence au niveau de la capitale politique, Yamoussoukro, son village natal.

En l’occurrence l’école primaire Sinzibo, les lycées scientifiques et Mamie Adjoua ainsi que le Cafop supérieur pour la formation des élèves-maitres. Non sans oublier l’Institut national polytechnique Houphouët-Boigny. Aujourd’hui ces établissements qui autrefois faisaient la fierté de notre pays et du système éducatif ivoirien sont agonisants. Tous dans un état de dégradation avancée, ils ont perdu leur lustre d’antan.

LE CAFOP SUPERIEUR, DEVENU UN CAFOP INFERIEUR

« Etre orienté au Cafop supérieur de Yamoussoukro, faisait de vous un privilégié, un élève-maitre à part. Vous étiez présenté comme « cafopien » supérieur aux collègues orientés dans les autres Cafop du pays. Et cela était dû à la qualité des infrastructures, des chambres, de la restauration et autres » nous a fait savoir K. Antoine un ancien pensionnaire que nous avons rencontré. Cette époque tant convoitée est passée derrière nous. Depuis quelques années toutes les installations sont des plus délabrées. De passage à première vue, tout semble impeccables. Faites y un tour et vous constaterez de par vous-mêmes qu’enseignants, élèves-maitres travaillent dans des conditions difficiles. Les salles de classes dont nombre ne sont pas utilisés ont besoin d’être revus. Les fenêtres en vitre ont volé en éclat par endroit. Quand aux dortoirs où les plaintes sont nombreuses, il est donné de constater la forte dégradation. « Aujourd’hui quand il pleut les chambres coulent. Les installations sanitaires dans les chambres sont toutes endommagées. Pour nous laver nous obligés d’aller puiser l’eau dans sceau pour monter dans les chambres qui sont en hauteur. Plus rien ne fonctionne ici comme par le passé » nous a indiqué une jeune élève-maitre qui a voulu garder l’anonymat.

Ce sont des salles d’eau crasseuses, des murs défraichis par le temps et le soleil qui ont besoin d’être réhabilités « Il y a eu un début de réhabilitation des installations ici au Cafop. La salle polyvalente, auditorium a été remis à niveau ainsi que la salle des professeurs. Il en devrait en être de même pour les autres bâtiments mais contre toute attente les travaux se sont arrêtés il y a environ trois ans » a lancé cet enseignant qui a souligné « qu’avec ces temps de menaces préfères que nous préservions son identité » Ce Centre d’animation et de formation professionnelle (Cafop) ouvert en 1979 a besoin d’une attention particulière. Le restaurant très délabré sert à ce jour qu’un seul repas aux élèves-maitres. L’infirmerie n’existe que de nom. Les installations sportives sont elles aussi à l’abandon alors que dans le cadre des préparatifs de la Can l’on aurait pu se pencher sur ces infrastructures. En attendant que solution soit trouvée pour réhabiliter cet établissement, Houphouët est mort une fois de plus au Cafop supérieur de Yamoussoukro devenu pour la circonstance le « Cafop inférieur » selon les élèves-maitres.

LES LYCEES SCIENTIFIQUES ET MAMIE ADJOUA, PAS MEILLEUR VISAGE

Si Houphouët-Boigny est mort une seconde fois au Cafop supérieur, au lycée scientifique, l’on parlerait d’une troisième mort. vivifié des scientifiques ivoiriens, le lycée scientifique ne connait pas lui aussi un visage reluisant. Dans un état comateux ce lycée d’excellence a sur son site les lycées mixtes 1 et 2. Sur son site vous pouvez cohabite plus de 10 000 élèves. Si au niveau des bâtiments réservés aux scientifiques il n’y a pas grand-chose à dire, ce n’est pas le cas pour les autres. C’est dans des salles de classe qui ne méritent plus ce nom que sont entassés les apprenants qui sont au nombre de 70, 80 élèves. Les salles de classe qui ont tenté d’être réhabilitées ont perdu de leur verve. Cet établissement des années 70 bâti par le père de la nation avec toutes les installations sportives de haut niveau est aujourd’hui en lambeau. Le gymnase n’existe que de nom. Tout est complètement détruit. La piscine, prévue pour des compétitions internationales est l’ombre d’elle-même. Autre fait marquant c’est la grande salle de spectacle de près de 1000 places assises.

Cet auditorium est aujourd’hui fermé. Aucune manifestation des élèves ne peut se tenir. L’infirmerie, le réfectoire ne connaissent pas un bien meilleur sort. Eux aussi sont en piteux état. Si d’année en année le lycée scientifique se meurt, il ne l’est pas moins pour le lycée mamie Adjoua, cette autre école d’excellence dédiée aux jeunes filles. Là-bas des efforts constants sont faits pour maintenir les filles dans les conditions minimales de travail. Un bon entretien de la cours vous frappe. Avec le gazon bien tondu. Au niveau des salles de classe, le constat est amer. Les fenêtres vitrées sont parties par endroit. Les murs ont besoins d’être rafraichi. Idem pour l’école primaire Sinzibo situé au quartier 227 logements, quartiers où logent les hauts cadres de la capitale politique. Cet établissement qui faisait la fierté au niveau du primaire est aujourd’hui réputé pour être délabré. Aux alentours, des champs de manioc et de banane plantain ont poussé en lieu et place des gazons qu’on voyait bien tondu. Les fenêtres des classes n’existent que de nom. Conséquence ce sont les actes de vandalismes qui sont constatés de plus en plus. Enseignants et élèves attendent des âmes généreuses pour voler à leur secours.

L’INPHB SAUVE PAR LE C2DD

L’institut national polytechnique Houphouët-Boigny, autre signature du Bâtisseur de la Côte d’Ivoire moderne était lui aussi mal en point. Ce groupement de grandes écoles d’ingénieurs et autres techniciens supérieurs n’a eu lui son salut grâce au contrat désendettement et de développement (C2dd). Avec le dynamisme de sa direction générale conduite par Koffi N’guessan, le technopôle a repris sa place dans l’élite universitaire en Côte d’Ivoire et dans la Sous région. Aujourd’hui les différentes écoles, les administrations sont réhabilités à 80%. A l’Inphb Nord tout est fini. Les étudiants et leurs enseignants ont retrouvé la joie de travailler dans de meilleures conditions. Au Sud et au Centre les travaux qui se poursuivent prendront d’ici quelques mois. Ainsi tout l’Inphb retrouvera son lustre d’antan. Pour l’heure Koffi N’guessan et son équipe multiplient les contacts avec la signature de plusieurs accords de coopération pour redorer le blason tant ternit par les années de crises. On peut le dire sans risque de se tromper que si au Cafop, au Lycée scientifique et à Sinzibo, au vu de la dégradation, l’esprit d’Houphouët ne repose pas en paix, à l’Inphb un vent nouveau souffle. Qui viendra sauver toutes ces réalisations de Félix Houphouët-Boigny qui ont donné fière allure à l’éducation nationale ivoirienne et aux ivoiriens ? Pour l’heure tous les regards sont tournés vers les hautes autorités de l’Etat.

JEAN PAUL LOUKOU

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