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Côte d’Ivoire-Interview / Autonomisation de la femme, Mme N’guessan Bi Nicaise, présidente de Ekloehoun « C’est unies que les femmes peuvent réaliser leur autonomisation »

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Mme Yao Affoué Nicaise Epouse N’guessan Bi, présidente de l’Association Ekloehoun

Mme Yao Affoué Nicaise Epouse N’guessan Bi est présidente de l’Association Ekloehoun, créée pour regrouper les femmes Baoulé disséminées à travers le monde. Son objectif, amener ses sœurs à cultiver l’amour, vu comme principe du vivre-ensemble. De fil en aiguille, Ekloehoun a tissé sa toile et revendique des milliers de membres. La fête des mères sera célébrée, samedi, avec faste, sous le parrainage du maire de Cocody, Jean-Marc Yacé.

Mme N’guessan Bi Nicaise, pouvez-vous prouvez votre structure à nos lecteurs ?

Ekloehoun est une école d’apprentissage de l’amour du prochain. Nous avons mis cette Association en place pour que les femmes Baoulé puissent se retrouver pour apprendre à s’aimer, à chercher les armes nécessaires pour cultiver l’amour entre elles. Ce n’est pas une Association comme les autres. Je suis Baoulé et je connais mieux le peuple Baoulé. Je ne mets pas à l’écart les autres groupes mais je leur conseille de faire comme moi, apprendre cette solidarité-là entre eux et puis, on peut se retrouver. Notre Association est apolitique.

Est-ce que les femmes Baoulé vous suivent dans votre démarche ?

Nous tissons notre toile. C’est de bouche à oreille. Une femme qui rentre dans l’Association fait venir d’autres. Pour ne pas être débordées, nous avons décidé de créer des Sections. La première Section s’est installée à Abobo. Yopougon est installée, Daloa aussi. Ces Sections étaient en réunion aujourd’hui (Ndlr, samedi). Cocody est installée. Londres également. Paris se prépare. Nos sœurs qui vivent à Tunis et au Maroc ont décidé de nous rejoindre. Ce sont elles qui m’ont appelée.

Qu’est-ce que les femmes gagnent à adhérer à une telle Association ?

Quand on est uni, on peut faire beaucoup de choses. Aujourd’hui, les femmes ont besoin d’entreprendre des activités en vue de leur autonomisation. Si 100 femmes se mettent ensemble et qu’elles cotisent ne serait-ce que 500 F Cfa, elles peuvent mener des activités.

Comment vous faites pour toucher toutes ces femmes qui sont loin d’Abidjan ?

Aujourd’hui, je ne fais plus d’efforts, ce sont les femmes, elles-mêmes, qui m’appellent. Yamoussoukro est en train de s’installer. Elles sont d’accord avec notre concept qui s’accepte facilement. Ekloehoun n’a pas 1000 explications. Apprenons à nous aimer, ça peut nous aider.

Vous avez des rassemblements dans l’année, parlez-nous en ?

Dans l’année, nous avons 4 grands rassemblements. La fête des mères qui est une occasion de nous rencontrer pour nous connaître. (…) C’est le maire Jean-Marc Yacé qui sera notre parrain. Nous allons nous découvrir comme d’habitude. Nous allons recevoir une de nos sœurs mais je préfère réserver cette surprise. Nous allons nous limiter à 200 voire 250 femmes à cause de la Covid-19. Il n’y a pas de droit d’adhésion pour être membre de notre Association. Quand nous devons nous retrouver, nous faisons des cotisations ponctuelles. La fête des mères aura lieu à Cœur d’Amour, à la Riviera Bonoumin.

Un dernier message à l’endroit de vos membres ?

Je demande à nos sœurs de faire la promotion du concept Ekloehoun. Je souhaite que les femmes se mettent ensemble pour développer cet amour entre elles. Ce qui peut permettre à l’Association d’avoir un poids. Si les femmes s’entendent, les hommes seront obligés de suivre leur exemple. L’Association est composée de femmes Baoulé mais à toutes nos sorties, nous invitons des femmes d’autres ethnies, sans distinction de religieux ou de coloration politique.

Interview réalisée par JB KOUADIO