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Accès aux logements décents : Un véritable casse-tête pour les populations

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Le ministre Koné Bruno

La problématique de l’accès à un logement décent en Côte d’Ivoire reste d’actualité pour pas mal de populations.

Et cette situation se vit aussi bien au niveau de l’accès à la propriété immobilière qu’à la location. Selon des statistiques du ministère de la Construction et de l’urbanisme ainsi que celles du ministère du Logement et de l’Habitat social, plus de 6000 nouveaux logements auraient été construits entre 2012 et 2015 en Côte d’Ivoire.

Le besoin en logement est estimé à 400 000 logements, avec un déficit structurel de 65 000 logements par an. En effet, moins de 40% de la population ivoirienne vivent dans un cadre décent. Plus de 53% de cette population affirment ne pas être satisfaits de leurs conditions de logements et de leur cadre de vie. La qualité et la quantité des bâtiments publics mis à la disposition des personnels travaillant pour l’administration publique restent faibles.

L’urbanisation reste mal maitrisée et on assiste à une prolifération de lotissements anarchiques à Abidjan comme à l’intérieur du pays, avec pour conséquence la déstructuration de l’espace urbain. Pour faire face à cette situation peu reluisante, le gouvernement a initié un programme présidentiel de logements sociaux, économiques et hauts standings. Malheureusement, ce programme s’est soldé par un échec cuisant, laissant ainsi les populations à leur triste sort.

L’échec du programme de logements sociaux

Le programme présidentiel de logements sociaux avait fait rêver plus d’un. L’engouement était tel qu’on percevait aisément le besoin réel qui existe dans ce secteur. Mais très vite, ils ont été désillusionnés. Au total, seulement 10.249 logements sont achevés dans le cadre du Programme Présidentiel des Logements Sociaux et Economiques, pour un objectif de 150.000, soit un taux de réalisation de moins de 10%. L’échec a d’ailleurs été constaté par le ministre de la Construction et de l’urbanisme, Bruno Nabagné Koné, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la 7e édition du Salon de l’Architecture et du Bâtiment (Archibat 2019).

Il a indiqué, à cette occasion, que des solutions innovantes devraient être envisagées devant le triste constat de l’échec du programme de logements sociaux. « Nous avons fait tous le constat que ce qui a été réalisé est loin d’avoir été ce qui a été promis (…) L’objectif est d’atteindre la cible du programme de logements sociaux. C’est-à-dire le million de personnes vivant dans les quartiers précaires, ceux qui ont moins de 150 mille de salaire » a avoué le ministre Bruno.

Le crédit mobilier, l’une des principales failles

Plusieurs facteurs sont à la base des difficultés rencontrées dans le secteur du logement. L’une des principales reste la “faiblesse du crédit immobilier en Côte d’Ivoire“. Le triste constat est que le crédit immobilier est moins de 6% en Côte d’Ivoire. Pendant que dans les pays développés, où la politique de logement a connu un franc succès, ce taux se situe entre 80 à 90%. « Ceux qui ont réussi, c’est parce qu’ils ont réussi à stabiliser les ressources allouées à l’immobilier.

Il faut donc disposer d’importantes ressources pour accompagner les programmes de logements sociaux », estime le ministre de la Construction. La problématique du financement est toujours débattue dans les grandes rencontres mais les lignes bougent difficilement. Ce sera le cas lors de la 1ère édition du Forum international du logement social, économique et standing (Filoses) organisée du 5 au 7 mai prochain, au Palais de la Culture et au Golf Hôtel autour du thème « Quel financement de qualité pour tous pour une Côte d’Ivoire émergente en 2020 ». Les rencontres se succèdent mais le problème demeure en l’état.

Les propriétaires de maisons rendent toujours les choses compliquées

Le gouvernement, pratiquement impuissant devant la situation, a décidé d’agir sur les conditions d’accès à la location simple pour alléger le lourd fardeau qui pèse sur les locataires du fait de l’exagération dans la perception des cautions et avances pour se loger. Des mesures sont prises dans ce sens mais le problème est qu’elles ne sont pas suivies d’effets sur le terrain. « Certains de nos concitoyens continuent de réclamer un an, deux ans de loyers selon que vous êtes à la Riviéra ou à Marcory Résidentiel.

L’annexe fiscale 2020 relève de 20% à 300% le taux de la taxe sur les excédents de loyers et les avances qui seront perçus par les propriétaires. C’est un combat permanent pour nous tous. Désormais on va instituer la généralisation de l’enregistrement des baux d’ici 2021. La DGI fera donc sa part en termes de taxation. Si vous prenez plus de 2 mois de loyer et de caution, en plus de vous taxer à 300% sur l’excédent, vous serez sanctionnés. L’impôt foncier sera également appliqué sur la période encaissée par anticipation » a dit le directeur général des Impôts. Vivement que cette mesure soit véritablement appliquée sur le terrain.

Solution, relancer les programmes de location-vente

En arrivant à la tête du ministère de la Construction et de l’Urbanisme, Bruno Koné a pris l’engagement de redonner à ce département ses lettres de noblesse, à travers des procédures de gestion simples, une application rigoureuse des textes et procédures qui régissent ce secteur d’activité, avec une gestion axée sur les règles de bonne gouvernance. L’initiative est bonne et louable de la part du ministre. Qui n’occulte pas de faire des propositions. « Le coût d’achat d’une maison sociale est au moins 12,5 millions Fcfa à 15 millions et un logement économique à 23 millions.

Ce qui serait difficile pour les populations payées à moins de 150 mille francs de supporter (…) Il faut donc revenir aux fondamentaux. Il faut relancer les programmes de location-vente et de location simple. Pour que tout le monde ait accès à un logement décent (…) Il faut donc des solutions innovatrices pour régler les problèmes de mal logement en Côte d’Ivoire » propose Bruno Koné. Qui est convaincu que seules de “nouvelles solutions“ peuvent soulager les populations. Lesquelles populations attendent du gouvernement la mise en œuvre effective sur le terrain des solutions adéquates pour faciliter leur accès au logement.

F.B

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