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Cherté de la vie : Le PSGOUV peut-il sauver les Ivoiriens ?

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Les Ivoiriens attendent les effet concrets du programme social du gouvernement

Comme on peut le constater sans se tromper, le coût de la vie demeure cher pendant que les populations continuent de s’appauvrir.

Devant cette situation inquiétante pour les populations, le gouvernement croit avoir trouvé la panacée. D’un coût global de 727,5 milliards de francs CFA, le Programme Social du Gouvernement, encore appelé PSGOUV est brandi par le chef de l’Etat, le vice-président, le premier ministre et les membres du gouvernement comme étant la réponse pour lutter contre la pauvreté et améliorer l’impact social de l’action gouvernementale sur les populations, notamment vulnérables, en améliorant significativement leur pouvoir d’achat. Faisant allusion à cette trouvaille, le président Alassane Ouattara a dédié l’année 2020, “l’année du social“.

Et pourtant, le PSGouv 2019-2020 qui se décline en 156 actions prioritaires et comprenant 12 projets phares à impact large et rapide a prévu, selon le chef de l’Etat, le renforcement du programme de gratuité ciblée, l’opérationnalisation progressive de la Couverture Maladie Universelle, l’intensification et l’élargissement de la couverture des bénéficiaires du programme de filets sociaux productifs, le développement d’activités d’autonomisation en faveur des jeunes et des femmes, la baisse du tarif social de l’électricité, du renforcement du programme d’accès à l’eau potable en milieu rural et l’accélération du programme des logements sociaux. Est-ce qu’on peut valablement dire aujourd’hui sans risque de paraître ridicule que le PSGOUV va sauver les Ivoiriens ? Ce n’est si sûr au regard du constat sur le terrain.

L’école reste chère

C’est de la poutre aux yeux de dire que l’école est gratuite en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, on a l’impression que ce programme ne résout en rien les traditionnels problèmes des populations aussi bien au niveau de l’école que de la santé. Rien n’a changé dans l’école. Bien au contraire tout est devenu plus cher. Les parents se plaignent de la cherté des inscriptions avec une inscription en ligne, en plus des frais annexes qui greffent naturellement les coûts d’écolage. On ne peut donc pas dire que l’école est gratuite.

L’inscription associée aux frais annexes coûtent aux parents au moins 10 mille voire 35 à 40000 FCFA par élève, selon l’établissement public. Malgré tout ce qui est dit, il existe encore aujourd’hui des écoles où il n’y a pas de tables-bancs ; obligeant des élèves à s’asseoir à même le sol pour prendre les cours.

Les dépenses de santé pèsent lourdement sur le budget des ménages

Au niveau de la santé, le projet phare sur lequel se base le gouvernement est la CMU qui a officiellement démarré depuis le 1er octobre 2019 bat de l’aile. Toutes les dispositions pratiques dans l’organisation, le fonctionnement du dispositif logistique et sanitaire ne semblent pas avoir été prises par tous les principaux acteurs intervenant dans les prestations de soins aux Assurés Cmu, sur l’ensemble du territoire national.

Il s’agit de la CNAM, en tant que structure de gestion du programme Cmu – le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique (MSHP) qui assure l’exclusivité de l’offre de soins de la CMU – la MUGEFCI, en sa qualité d’Organisme Gestionnaire Délégué. De sorte que, dès l’entame des prestations de soins aux premiers Assurés Cmu dans les Etablissements Publics Hospitaliers (EPH), des difficultés de tous ordres surgissent.

Il s’agit entre autres de l’indisponibilité de bons Cmu, bons Cmu non servis dans les officines, d’indisponibilité de médicaments Cmu dans les pharmacies des hôpitaux et dans les officines agréées, de l’insuffisance de prescripteurs agréés, du circuit du patient méconnu et fastidieux, de la méconnaissance des établissements sanitaires conventionnés dans les localités et de la non délivrance de bons Mugefci aux fonctionnaires non détenteurs de la Carte dite intelligente…. En tout état de cause, en Côte d’Ivoire, les dépenses de santé pèsent lourdement sur le budget des ménages en général, et particulièrement sur le salaire des fonctionnaires.

Les denrées de consommation de masse toujours chères

Les coûts des denrées de grande consommation ne sont pas toujours à la portée de toutes les classes sociales. Le prix du riz, de la viande, du poisson, de la banane, du manioc, de l’igname etc… reste non seulement cher sur le marché mais surtout il varie selon les vendeurs ou la localité. Et pourtant, le gouvernement, dans sa lutte contre la vie chère, avait décidé de réduire considérablement, voire lever tous les barrages pour supprimer les faux frais qui impactent les prix des denrées.

Contre toute attente, les choses restent en l’état malgré la mise en œuvre de ces importantes mesures.  Les populations sont livrées à elles-mêmes devant la flambée et l’instabilité des prix. Cette situation nous amène à se demander s’il existe même des contrôleurs de prix. Ou du moins, ces derniers font-ils véritablement leur travail ? Dans tous les cas, quelque chose doit être fait à ce niveau.

Filets sociaux négligeables

Le gouvernement a décidé de faire reculer la barrière de la pauvreté et d’améliorer la redistribution de la richesse à travers le renforcement du Programme Filets sociaux Productifs. A cet effet, le Premier Ministre ivoirien, Amadou Gon Coulibaly, a procédé le 27 décembre 2019 dans la commune d’Abobo, à Abidjan, au lancement de la seconde phase d’extension du Projet Filets Sociaux Productifs du gouvernement pour permettre à 127 000 familles défavorisées de bénéficier de 18, 288 milliards de FCFA par an.

Cette phase d’extension du projet, qui entre dans le cadre du Programme Social du Gouvernement (PSGouv 2019-2020), fait passer le nombre de ménages bénéficiaires de 50 000 à 127 000 ménages. Au démarrage en 2015, le projet a bénéficié d’un financement de 29,5 milliards de FCFA de la Banque mondiale et de 2 milliards de la Côte d’Ivoire. Pour 2020, le projet bénéficie d’un financement additionnel de la Banque mondiale, pour un montant de 58,4 milliards de FCFA et de 6,3 milliards de FCFA de la part de la Côte d’Ivoire, soit un total de 96,2 milliards de FCFA. Un financement de la Banque africaine de développement (BAD), d’un montant de 14 milliards de FCFA, est également attendu pour 2020.

Pour rappel, le programme qui prend fin en 2024 est piloté par le ministère de la Solidarité, de la Cohésion Sociale et de la Lutte contre la Pauvreté. Il vise à améliorer les conditions de vie des familles démunies et à faciliter leur accès aux services sociaux de base, comme l’éducation et la santé. Ce projet a-t-il atteint son but ? Difficile de répondre d’autant plus que lorsqu’on fait par exemple le calcul, c’est la somme de 36000 FCFA par trimestre que gagnait chaque ménage, soit 12000 FCFA par mois. Et avec ces 12 mille, toute la famille aura évidemment du mal à s’en sortir devant le coût de la vie qui est excessivement cher. Pis les ménages grognent toujours devant les factures d’électricité malgré la baisse du tarif social annoncé par le gouvernement.

Même son de cloche dans le secteur de l’eau malgré également la propagande faite avec le programme d’accès à l’eau potable en milieu rural. Des ménages ont des difficultés pour être desservis régulièrement en milieu urbain, même à Abidjan, la problématique reste posée. Bref, il faut dire qu’aucun secteur n’est épargné. Le transport, l’essence etc… sont chers.

La population attend des actions concrètes

La population attend de la part du gouvernement des actions concrètes pour parvenir à une croissance économique qui génère effectivement un bien-être social des ménages avec un service public accessible, efficace et de qualité, tel que promis. Le gouvernement doit donc faire en sorte qu’à travers le PSGOUV, les populations puissent bénéficier effectivement des services de santé efficients, que les enfants aient l’accès facile et soient maintenus à l’école.

Le gouvernement est également invité à favoriser l’accès à un coût abordable des populations aux services essentiels tels que le logement, l’énergie, l’eau potable et le transport, les actes administratifs et à améliorer l’employabilité ainsi que l’accès à un emploi décent et stable pour les jeunes et les femmes. En somme, la population veut sentir la croissance économique dont se glorifie le gouvernement dans la poche et dans leurs assiettes.

FRANÇOIS BECANTHY

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