Accueil Actualité Côte d’Ivoire-Jeûne musulman: Les risques pour les personnes souffrant de diabète, d’hypertension...

Côte d’Ivoire-Jeûne musulman: Les risques pour les personnes souffrant de diabète, d’hypertension et d’autres maladies chroniques

605
0
COTE D'IVOIRE, JEUNE MUSULMAN, LES RISQUES POUR MALADES
MUSULMANS

Les premiers jours du Ramadan ne sont pas faciles pour les musulmans de Côte d’Ivoire. Le soleil et la chaleur  qu’il engendre, en ce du début du mois de jeûne, le rendent  plus difficile  surtout pour les personnes souffrant de maladies chroniques.

Car si le Coran permet aux femmes enceintes, aux voyageurs et aux malades de s’en affranchir, quitte à ‘’rattraper ‘’ plus tard, dans l’année , les jours pendant lesquels ils n’ont pas jeûné, certains musulmans souffrant de diabète ou d’hypertension artérielle, insistent pour respecter le quatrième pilier de l’islam.

Une situation dont les praticiens doivent s’accomoder, en tentant d’adapter la pratique et les thérapies, ou en déconseillant parfois formellement le jeûne. Le Dr Kouassi C. situe les risques que prennent les plus ‘’zélés’’.

« Aujourd’hui, notre véritable problème, c’est que de plus en plus, plusieurs de nos patients musulmans souhaitent jeûner. Avant, nous nous demandions comment les convaincre d’éviter le jeûne, mission très difficile d’ailleurs, mais ces dernières années, notre souci, c’est comment faire pour que le mois de jeûne se passe au mieux pour eux… Et, en l’espèce, ceux qu’il faut convaincre de ne pas jeûner du tout, ce sont les diabétiques de type 1″, révèle Dr Kouassi C. « Quand nous voulons en savoir un peu plus sur l’attitude qu’il adopte face à des musulmans qui, malgré le fait qu’ils soient malades, tiennent absolument à observer le jeûne. Avec un air un peu triste, il ajoute : ‘’Malheureusement, nous voyons encore des femmes diabétiques enceintes qui jeûnent quand même. Et ça, c’est vraiment très déconseillé. Il faut arriver à convaincre les patients très à risque, soit âgés ou fragiles, soit jeunes diabétiques avec des schémas thérapeutiques qui ne sont pas adaptés, ou pas bien maîtrisés. Mais pour d’autres patients, avec les moyens de soins mis à notre disposition, nous sommes en mesure de concilier les deux’’, rassure le praticien qui tient cependant à faire la lumière sur les risques auxquels s’exposent ces malades récalcitrants. ‘’Le risque général chez les patients fragiles, c’est la déshydratation. Les températures que nous connaissons depuis le début du  mois de jeûne, posent des problèmes de fragilité chez ces patients, qu’ils soient insuffisants rénaux diabétiques, ou même non diabétiques, âgés, insuffisants respiratoires… Toutes ces personnes tolèrent mal la déshydratation. Chez les diabétiques en particulier, le risque reste l’hypoglycémie. Les patients sous insuline sont aussi exposés… Lors de la rupture du jeûne, le fait de concentrer des aliments sucrés, favorise aussi les poussées d’hyperglycémie assez élevées. Le risque est donc double, d’alternance entre hypoglycémie dans la journée et poussées d’hyperglycémie dans la nuit… Avec le risque de déshydratation, augmente celui d’hémoconcentration, qui s’associe à des risques. Le jeûne augmente aussi la complexité de la prise de traitements, notamment chez les personnes qui ont plusieurs autres maladies et des médicaments  à prendre plusieurs fois dans la journée, pour des effets à long, mais aussi à court terme. Le risque est notamment important pour les hypertendus’’, prévient le Spécialiste de santé qui, face à l’intransigeance de certains fidèles musulmans, ne baisse cependant pas les bras, ‘’car la mission d’un médecin, c’est de conseiller et soigner ses patients. Alors, nous  procédons par une approche éducative. Les nouvelles thérapeutiques du diabète de type 2, qui n’entrainent pas d’hypoglycémies et les injectables, quand ils ne sont pas associés à des sulfamides, ont changé la donne. Mais pour les personnes sous insuline, il faut préparer les choses et surtout anticiper dans la sensibilisation. Il est clair que quand nous sommes en face de patients très attachés  à la pratique religieuse, cela est très difficile parce que les gens ont peur du regard du voisin, des reproches des parents, du rejet des membres de leur Communauté. Il faut donc user de tact pour leur faire comprendre que la religion musulmane recommande le jeûne pour le bien des pratiquants et non pour les conduire à la mort parce que physiquement il ne sont pas aptes à jeûner’’.

Voilà qui est clair. Jeûner certes, mais il faut être en parfaite santé avec toutes les disponibilités morales et physiques requises pour un jeûne réussi.

SOUM Junior M.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici