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Côte d’Ivoire : La CISL-Dignité apporte sa compassion aux camarades Pulchérie Gbalet et Aimé Césaire N’Goran Kouakou

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La Confédération ivoirienne des syndicats libres (CISL)-Dignité a animé un point de presse, ce lundi, à Adjamé. Elle demande le report des élections et appelle toutes les organisations du monde du travail à l’union sacrée autour de la Côte d’Ivoire, afin de lui éviter le chaos. Une déclaration a été faite à cet effet.

Depuis la fin du premier trimestre 2020, notre pays, la Côte d’Ivoire, traverse des moments difficiles.

En effet, outre la crise sanitaire due à la maladie à CORONAVIRUS (COVID-19) avec son corollaire de décès et de pertes d’emplois, la tenue de l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 et surtout les débats suscités par la question du respect de la constitution soulèvent, à n’en point douter, de vives polémiques qui sont de nature à troubler la paix sociale.

Une telle situation constitue déjà à l’horizon une menace pour le monde du travail.

C’est pourquoi, la CILS – DIGNITE, juge à présent nécessaire, à travers la présente déclaration, de tirer la sonnette d’alarme.

PRESENTATION DES SIGNAUX D’ALARME

Tout d’abord, le 06 Août 2020, lors de son adresse à la nation, le Chef de l’Etat a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 ; revenant ainsi sur son engagement pris devant le en congrès réuni à Yamoussoukro le 05 mars 2020 de passer la main à une nouvelle génération.

Cette annonce a provoqué une réprobation des partis de l’opposition, des organisations de la société civile et d’une partie de la population ayant débouché surdes mouvements de protestations dans plusieurs villes du pays. Lors de ces mouvements, sont nés des affrontements entre les partisans et les opposants à cette candidature engendrant d’importants dégâts matériels, des morts, des arrestations et emprisonnements de travailleuses et de travailleurs.

Nous notons particulièrement les cas GBALLET Pulchérie Edith, membre suppléant du Comité Exécutif de la Confédération Syndicale Internationale et Vice-Présidente du Comité d’audite Interne de la CISL-DIGNITE syndicaliste et militante des droits de l’homme et N’GORAN Kouakou Aimé Césaire, Secrétaire Général Adjoint du Syndicat Libre des Travailleurs du BNETD; syndicat affilié à la CISL-DIGNITE enlevés par des hommes encagoulés et retrouvés par la suite à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA).

Ensuite, le 14 Septembre 2020, le Conseil constitutionnel, sur quarante-quatre (44) candidatures à l’élection présidentielle du 31 octobre, n’en a retenues que quatre (4). Parmi les rejets figurent les candidatures de hautes personnalités politiques bien connues.

Cette décision du juge constitutionnel a suscité une nouvelle vague de protestations dans plusieurs localités du pays.

Enfin, le 20 septembre 2020, plusieurs partis de l’opposition ont lancé un appel à la désobéissance civile ; situation qui a assombri davantage le climat socio-politique pré-électoral déjà délétère et augmenté le poids du stress et de la peur au sein de la population de Côte d’Ivoire.

NOTRE ANALYSE

Il est bon de rappeler que depuis plus d’une vingtaine d’années, les élections en Côte d’Ivoire sont devenues la cause des conflits qui ont engendré de nombreuses victimes.

Cela est d’autant plus vrai qu’en 2000, après l’invalidation par le Conseil constitutionnel des candidatures de certains poids lourds de la politique ivoirienne, les élections ont débouché deux années plus tard en 2002 sur une grave crise politico- militaire.

Aussi, ont-elles provoqué souffrances, douleurs, meurtrissures chez les populations de façon générale, et particulièrement chez les travailleurs et leurs familles dans les zones dites CNO avec leur cortège de pertes en vie humaine, pertes d’emplois, dislocation de familles, pillages et déplacements de populations.

En 2010, le désarmement n’était pas encore effectif lorsque l’élection présidentielle s’est tenue sous la houlette de la CEI, Commission Electorale des partis politiques donc non indépendante. Cela a conduit à une violente crise post-électorale qui a, selon les chiffres officiels, occasionné plus de 3000 morts, des milliers d’exilés et déplacés, de milliers de personnes disparues ainsi que de nombreux emprisonnements dont des travailleurs et responsables syndicaux parmi lesquels figure MAHAN Gahé Basile, de vénéré mémoire Secrétaire Général de la CISL-DIGNITE.

Qui ne se souvient pas des nombreux licenciements de travailleurs de la RTI et de la SOTRA, pour ne citer que ces deux entreprises !

Pour les élections présidentielles du 31octobre 2020, le tableau est plus sombre :

–          Des centaines d’Ivoiriens sont encore en exil ;

–          Plusieurs de nos concitoyens sont encore en prison sans jugement dont certains depuis 2011 ;

–          Des travailleuses et travailleurs enlevés ou arrêtés sur leur lieu de travail croupissent en prison ;

–          La polémique s’accentue autour de la Constitution et l’on assiste à la radicalisation des positions entre le pouvoir et l’opposition ;

–          La contestation est de plus en plus vive autour de la CEI et du Conseil constitutionnel dont l’impartialité et la sincérité sont remises en cause par une partie importante de nos concitoyens ;

–          Les affrontements inter-ethniques à GAGNOA, DIVO, BONOUA, DAOUKRO, BEOUMI, BONGOUANOU, DABOU et DIDIEVI prouvent à suffisance que la réconciliation nationale, gage de la cohésion sociale, n’est pas encore effective ;

–          L’on compte déjà plus de 50 morts, plus d’un millier de personnes déplacées et plusieurs domiciles et autres biens détruits ;

–          Bref, les conditions de l’organisation d’une élection présidentielle inclusive, transparente et démocratique, source d’une paix post-électorale durable, ne sont pas réunies.

NOTRE POSITION

Le contexte national tel que décrit plus haut interpelle les syndicats en tant qu’organisations de la Société Civile et régulatrices de la démocratie participative et de la cohésion sociale. Nous citons à cet effet une récente déclaration de Mme Sharan Burrow Secrétaire Générale de la Confédération Syndicale Internationale : « La démocratie fait partie de l’ADN du mouvement syndical international. Mais si nous ne l’utilisons pas et si nous ne renforçons pas notre confiance dans la démocratie, dans les gouvernements transparents et responsables et dans l’Etat de droit, nous mettons en péril le fondement même de nos sociétés (…) La démocratie ne peut fonctionner qu’à partir du moment où chacun d’entre nous joue un rôle actif en tant que citoyen engagé. »

En conséquence, la CISL – DIGNITE, consciente de la gravité de la situation et soucieuse de la préservation du climat de paix, source de bien-être pour les populations en général et pour les travailleuses et travailleurs en particulier :

•         Demande le report des élections pour éviter à notre pays une descente aux enfers au plan sécuritaire, social, économique et diplomatique ;

•         Appelle les acteurs politiques ivoiriens tant au pouvoir que dans l’opposition à la retenue et à plus de responsabilité afin de nous éviter de probables affrontements avec leur corolaire d’arrestations, de dégâts matériels, de morts et de pertes d’emplois au moment où nous subissons dans l’impuissance les conséquences désastreuses de la pandémie à Coronavirus ;

•         Invite instamment le Chef de l’Etat à prendre la pleine mesure de la gravité de la situation sur le plan national et à ouvrir un véritable dialogue républicain avec toute la classe politique et les organisations de la société civile, pour rechercher ensemble les conditions d’une élection inclusive, transparente, démocratique et apaisée dont les résultats seront acceptables par tous. Il y va de l’intérêt supérieur de la nation ;

•         Apporte sa compassion à nos camarades GBALET Edith Pulchérie, N’GORAN Kouakou Aimé Césaire et leurs compagnons d’infortune, et demande leur libération;

•         Appelle toutes les organisations du monde du travail à l’union sacrée autour de notre chère patrie, la Côte d’Ivoire, afin de lui éviter le chaos.

Fait à Abidjan, le 26 octobre 2020

Pour la CISL – DIGNITE

Le Président

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