Accueil Actualité Mme N’Dia Marie Ange, Pdci-Rda : « Je suis assise sur...

Mme N’Dia Marie Ange, Pdci-Rda : « Je suis assise sur « un tabouret ». J’attends que le jugement soit rendu et je m’en irai en courant »

169
0

Pour une fois, elle a accepté de faire entorse à la règle qu’elle s’est elle-même fixée il y a quelque temps. Mme N’dia Marie Ange, présidente du Conseil régional du Gbêkê par intérim, députée, vice-présidente du Pdci-Rda, a décidé de s’ouvrir à la presse. De parler dans nos colonnes, « Le Nouveau Réveil ». L’honneur nous revient et nous en mesurons la profondeur. Dans cette interview exclusive, cette dame très peu vue sous les projecteurs, parle d’elle-même, de sa vie estudiantine, de ses premiers pas dans la paix. Aussi a-t-elle décidé de dire sa part de vérité au niveau du Conseil régional du Gbêkê dont elle assure l’intérim depuis « l’affaire Jacques Mangoua ». Sans faux-fuyant, elle répond à nos questions.

Bonjour madame. Qui est Mme N’dia Marie Ange ?
Exercice pénible qu’est celui de parler de soi. De mémoire, je n’ai jamais donné de point de presse ni d’interview. Je suis d’une culture où on n’a pas l’habitude de parler. Cependant vu les circonstances, je me vois obligée de déroger à la règle. Je m’en excuse auprès de la chefferie de Sakassou.
Je suis Madame N’dia Marie Ange, née à Abidjan à Cocody. Je suis Docteur en Pharmacie installée à Abidjan. Titulaire d’un baccalaureat série C avec la mention Bien en France, j’aspirais devenir ingénieur des Ponts et Chaussées comme l’un de mes oncles ou polytechnicienne. J’adorais les mathématiques et surtout la logique. J’ai passé le concours de l’Ecole Polytechnique Féminine de Bordeaux avec succès mais mon père m’a inscrite à l’Université d’Abidjan malgré moi. Aux trois options de filière qui lui étaient proposées, il a choisi uniquement la faculté de pharmacie. A l’époque, on obéissait aux parents. Je suis mariée mère de trois enfants. Que dire d’autre ?
Au niveau de ma généalogie, je suis issue de deux vieilles familles Baoulé qui ont vécu à Abidjan dès les années 1940 et qui ont toutes les deux leurs concessions à Treichville. De par mon père, je suis Fâfouè, Agba et Ahali. J’ai eu une grand-mère qui a participé à la marche des femmes sur Grand Bassam, sans pour autant que son mari ne soit en prison. Son nom N’guessan Thérèse est inscrit sur la liste officielle de ce fait historique libérateur.

De par ma mère, je suis Assabou de toutes les générations, la tribu de la reine Abla Pokou et de la reine Akoua Boni, une tribu de quartoze villages située à Sakassou. Mon village Yablassou est l’un des sept villages Djèfouè qui constituent la « Cour suprême » de la Royauté baoulé. Mon grand-père Zêgbè Kouamé N’guessan, le troisième instituteur de Côte d’Ivoire, a été l’un des sept co-fondateurs du Syndicat Agricole Africain. Il a eu une nombreuse progéniture dont ma mère Odette Kouamé N’guessan qui a été une grande militante au sein du PDCI-RDA.
J’ai donc baigné dans la soupe de la politique à la naissance. J’ai deux sœurs qui ne font pas de politique. Voilà un peu mon pedigree si on peut parler ainsi.

D’où vous est venue l’envie de faire la politique ?
L’envie de faire la politique ? (rires). Notre mère, très souvent absente, notre maison ne désemplissait pas; à tel point que de retour de l’école, mes sœurs et moi ne savions comment nous frayer un chemin pour prendre notre goûter. Nous nous sommes promis toutes les trois de ne pas faire de politique. Toujours est-il que j’accompagnais ma mère dans tous ses déplacements politiques tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.
Etant « son sac à main », j’ai eu l’opportunité de participer aux différents bureaux politiques du Président Félix Houphouët-Boigny et de ceux du président Bédié, en arrière-plan bien sûr !
Quant à mon Grand-père, co-fondateur du Syndicat Agricole Africain, j’ai eu l’opportunité de m’occuper de lui dans ses derniers moments. Etant du corps médical, j’ai eu cette charge que j’ai exercée avec plaisir et amour. Il demeurait chez nous. Nous échangions jour et nuit. Il m’a conté comment il a conduit Félix Houphouët-Boigny et Gabriel Dadié chez le Roi des Baoulé, le grand-père de la reine Akoua Boni pour lui confier leur projet. Il m’a relaté comment ils ont été convoyés dans la forêt pendant sept jours ; ils en sont ressortis hirsutes, ne consommant que de la purée de tarot à l’huile rouge. Il m’ a indiqué qu’à l’issue des sept jours, le Roi leur a remis de la poudre d’or en quantité suffisante estimant que ses enfants n’avaient pas les ressources pour combattre le Blanc et une corne avec laquelle le peuple Baoulé est venu du Ghana. Il leur a demandé de prendre comme Symbole l’Eléphant, symbole avec lequel ils réussiraient leur projet. Je n’ai pas le droit de garder cela pour moi et ma famille. L’Eléphant comme emblème de la Côte d’Ivoire vient de cette histoire de Sakassou, synonyme de force, de puissance, d’abnégation, de témérité, de patience et d’ intelligence.
Toutes ces histoires contées de la lutte du Syndicat Agricole Africain, la persévérance et les stratégies utilisées m’ont fortement forgée, peut-être devrais-je songer à les écrire!
Comment suis-je donc arrivée en politique alors que je m’étais juré de ne jamais la faire ? Dans le fond, je faisais la politique sans le savoir.
J’ai eu deux mamans, deux grandes dames comme mentors : Madame Aka Anghui, première Pharmacienne de Côte d’Ivoire, qui me suivait au niveau de ma profession et aussi au niveau politique. J’étais de toutes les sorties de ces deux combattantes de la liberté. Ayant vu les déboires de beaucoup de pharmaciens engagés en politique, cela m’a confortée dans l’idée de ne jamais faire la politique. Hélas ! la politique, si vous ne la faites pas, elle vous fait.
Pour la petite anecdote, je faisais la politique en aidant, par de petits gestes financiers, par des conseils, en assistant à toutes les réunions de Sakassou. C’était moi qui servais à boire et prenais note pour ma maman, de telle sorte que quand quelqu’un lui demandait quelque chose, elle l’orientait vers moi. Cependant j’étais réservée et je voyais les coups qu’elle recevait, les méchancetés, l’ingratitude et la trahison dont elle était victime. J’en ai conclu que ce n’est pas de mon tempérament. Moi j’ai un tempérament trempé ; j’ai tendance à dire ce que je pense. Et je reste une guerrière d’ éclairée esprit.
Un jour, j’étais dans mon officine de pharmacie et j’apprends qu’il y a un ministre qui souhaite me voir. Je sors, me dirige au comptoir et vois le Ministre Ahoussou Jeannot. L’ayant reçu à mon bureau, il me dit qu’il a besoin de moi ; il aurait eu des échos lui vantant mon dynamisme, ma détermination, ma loyauté surtout pour une femme, de sorte qu’il avait besoin de moi en politique. Surprise par tant d’éloges, je me méfiais. Il m’a appris que mon profil l’intéressait. Je n’ai pas manqué de lui dire qu’il s’était trompé de porte, le recommandant à ma mère qui s’occupe de ce genre de question. Il est allé la voir et lui a indiqué mon refus. Elle m’a appelée mais là encore, je n’ai pas changé de position.
Elle est donc venue voir mon mari à 5h30, dans la pure tradition, et a exigé que je n’assiste pas à leur entrevue. Mon mari lui a signifié sa désapprobation mais sur son insistance, il a accepté et j’ai adhéré à son mouvement.
Je suis donc entrée à l’Association des Elus et Cadres du Grand Centre (AECGC). Mon passage à l’AEC a été une expérience formidable car j’y ai appris la mutualisation des compétences, la solidarité et de comprendre comment on pouvait trahir ou être trahi.
A la faveur du changement de Premier Pinistre en 2012, j’ai accompagné le Premier Ministre Ahoussou Jeannot à la Primature en qualité de conseiller spécial. Belle aventure !
Pour rappel, en 2008, ma mère voulait que mon mari et moi l’aidions, par rapport, à notre carnet d’adresses à recueillir des fonds pour le développement du département de Sakassou. Mais les partenaires répondaient que nos requêtes rencontreraient un avis favorable si elles émanaient d’un élu. N’étant pas tentée par la mairie, je me suis présentée aux primaires pour les législatives de 2010. Je venais de perdre mon père et je suis arrivée en deuxième position sur six candidats derrière le vainqueur, mon frère, le docteur Konan Yoboué. J’ai tout de suite annoncé aux doyens présents que je le soutiendrai. Le reproche qui m’était alors fait est que je ne maitrisais pas la langue du terroir, le Baoulé.
En 2013, ma mère décède ; un an plus tard, je me suis réveillée avec le toc-toc des membres de la cour royale me sollicitant de candidater aux législatives. J’ai décliné cette offre surtout que ma relation à la langue baoulé était toujours des plus délicates. Ils ont demandé à rencontrer leur gendre qui avait le même avis que moi. Ils se sont rendus, sans rendez-vous le lendemain, chez le Président Bédié et lui ont réitéré leurs vœux de me voir Députée de leur circonscription. Je ne pouvais pas dire non au Président Bédié qui est un père pour moi. Voilà comment l’aventure a commencé !

Qu’est-ce qui aiguise votre appétit pour la politique ?
Bonne question qui ravive en moi un souvenir.
Candidate à la candidature en 2010, dans le cadre des législatives, mon papa feu Zadi Kessy m’a demandé : « pourquoi veux-tu être Députée ? ». Après maintes réponses, il m’a dit « tu seras Députée pour organiser les populations afin de les aider à sortir de la précarité ». Conseil que j’essaie d’appliquer jour et nuit et qui me confère le titre de « Députéz atypique ».
Je veux apporter « paix et développement » car voyez-vous, voir en ce 21è siècle des villages sans l’électricité, toucher du doigt la réalité de la pauvreté des miens, voir des dames demander 15000f pour agrandir leur étal au marché, regarder un vieil homme pleurer parce que son fils veut se suicider faute d’avoir eu 17580f pour l’inscrire à l’école en classe de terminale, des sommes dérisoires que nous dépensons en une fois dans les salons de beauté et les maquis. Cette misère inqualifiable dans laquelle se trouvent nos parents m’a interpellée. Et pour moi, ne rien faire serait un sacrilège envers ce peuple que j’aime tant et qui me le rend bien ; des populations qui travaillent pour peu et meurent avec rien. C’est pour elles que je me bats.
D’ailleurs, c’est l’occasion pour moi de répondre à une question qu’on me pose bien souvent : pourquoi suis-je PDCI ? Je suis PDCI de sang. Si vous me faites une incision sur n’importe quelle partie de mon corps, les lettres PDCI s’écouleront de mes veines. Je pense l’avoir suffisamment démontré. Je suis PDCI parce que mon grand-père était PDCI et chaque acte que je pose c’est en pensant à lui. Je suis PDCI parce que Félix Houphouët-Boigny est PDCI et que le PDCI a développé ce pays dans le respect du choix des autres, avec tout le monde sans exclure personne. Je suis PDCI parce que c’est un parti d’union, de paix où on n’a pas appris à « se battre », d’ailleurs on ne sait pas se battre (rires) tellement nous sommes attachés à la paix. En tant que PDCI, je respecte le choix des autres et j’entends qu’en retour les miens soient respectés.

Vous dirigez le Conseil Régional du Gbêkê depuis l’affaire Jacques Mangoua. Quelle est la situation réelle aujourd’hui au sein du Conseil ?
Vous savez, beaucoup de journalistes ont voulu m’interroger depuis un an que dure cette affaire judiciaire. Et malgré tous les écrits dans la presse et sur les réseaux sociaux, je garde le silence car ma culture ne me permet pas de m’épandre sur tous les sujets.
Avant d’aller plus loin, je voudrais vous expliquer quelque chose afin de mieux me faire comprendre. Lorsque j’ai finalement accepté de candidater suite à la demande de la cour royale, les dépositaires de cette cour m’ont gardée et formée pendant sept jours à la gestion traditionnelle d’un poste pour m’apprendre à diriger selon les règles de la tradition. Et l’une de ces règles est celle du silence savant. C’est pour cela que je voudrais ici m’excuser auprès des journalistes nationaux et internationaux qui m’ont sollicitée à maintes reprises ; sollicitations auxquelles j’ai chaque fois décliné l’offre. C’est un trait de conduite qu’ils doivent respecter. Une autre règle de cette tradition est d’apprendre à encaisser les coups voire à les supporter. Ce stoïcisme dont je fais preuve depuis lors, je le leur dois. Je voudrais d’ailleurs pour cela leur rendre hommage et avoir une pensée pieuse pour Nanan Toto qui vient de décéder. Je voudrais aussi inviter tous ceux qui veulent faire la politique à se former pour éviter les dérives que nous constatons ici et là.

Revenons à l’affaire Jacques Mangoua.
Un samedi, le Président Jacques Mangoua m’appelle pour me dire qu’on aurait retrouvé des affaires compromettantes chez lui. Je lui ai conseillé, en ma qualité petite sœur et de première vice-présidente du Conseil Régional, de porter plainte. Je ne parlerai pas du fond du dossier puisque l’affaire est encore pendante malgré tout ce que l’on peut dire.
Je tiens à souligner que le Président Jacques Mangoua est un grand frère que j’aime. Je voudrais que ses avocats viennent contredire ce que je vais avancer afin que la lumière soit faite. Selon la Grosse reçue au Conseil Régional. Le président Jacques Mangoua est condamné à cinq ans de prison et a fait appel de cette décision. Le jugement définitif n’est pas encore rendu et je l’appelle de tous mes vœux. Je n’ai été que la première vice-présidente qui assure un intérim. Je m’en tiens aux textes.
Jacques Mangoua n’est pas encore libéré. Si on peut m’apporter la preuve du contraire, je pars avec joie aussitôt mon arrêté formulé. Je mets au défi ses avocats de contredire mon propos en produisant la décision de justice et le débat est clos. M. Jacques Mangoua est en liberté provisoire et sur demande de Nanan Akoua Boni. Sans avoir fait le droit, j’assure un intérim en attendant son retour. Dommage qu’on veuille à dessein faire croire à toute l’opinion qu’il est libre et que je refuserais de lui rendre son fauteuil. Allez demander un point-presse à ses avocats et on connaitra la vérité.
Je voudrais préciser que les déboires de M. Jacques Mangoua avec la justice ne datent pas d’aujourd’hui et je n’en suis nullement responsable et ne le serai jamais. Je suis Députée d’un beau département, ce n’est déjà pas mal. Je n’arrive plus à m’en occuper selon mes standards, à cause de cet intérim qui me met à la tête d’une grande région. Je connais mes limites ; je m’en tiens aux textes. Le jour où il sera jugé et qu’il reviendra avec la décision de justice qui le restaure dans tous ses droits, et le réinstalle dans ses attributs, vous n’entendrez plus parler de moi à ce sujet.
Je voudrais poser une question à ceux qui souhaitent et appellent à ma démission de savoir quel est leur but. Tous, nous nous sommes battus dans le Gbêkê, sans aucun moyen, sans tee-shirt, rien. Il y avait en face de l’adversité et non des moindres. J’ai dû démissionner pour cause parce qu’on me reprochait mon soutien à Jacques Mangoua. J’ai choisi de partir, de quitter la primature sous le Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly (paix à son âme) qui m’a appris à travailler et m’a encadrée comme un vrai grand frère. Je lui rends hommage ; une collaboration dont je garde un bien meilleur souvenir que sous la bannière du PDCI. Je tiens à le dire ; ma vérité, je la dis et c’est pour cela que je ne parle pas souvent.
Quand il a fallu choisir lorsque sont survenues les divergences entre le président Bédié et le président Ouattara, j’ai choisi Bédié. Je vais même aller plus loin.
Je suis accusée d’être proche du président Ouattara. Oui, je le suis car le président Ouattara et mon mari sont amis depuis 1975. Il n’y a rien à cacher. On ne choisit pas ses parents, on choisit ses amis. Et en 1975, on ne parlait pas de divergences politiques. Pendant les campagnes de 2010, le président Bédié a séjourné à Bouaflé à notre résidence et chez mon beau-père N’dia Koffi Blaise et le président Ouattara n’y a vu aucun problème. Le président Ouattara ne m’a jamais appelée autrement que « ma belle-sœur » et il m’ en fait l’honneur depuis trente ans. Je tiens à ce que tout le monde le sache. Mais malgré ces liens anciens, j’ai choisi le PDCI et le Président Bédié, mon père. Je suis Députée PDCI parce que des gens croient en moi et je suis libre de mes choix. J’ai perdu des avantages à cause de ce choix mais c’est mon choix. Le Président de la République n’y voit aucun inconvénient.
Je ne veux pas faire comme ceux qui feignent d’être au RHDP. Je ne veux pas faire cela, et je ne veux pas apprendre à le faire. On ne me détruira pas par la politique.
La situation au Conseil Régional du Gbêke est la suivante. Je suis la Présidente par intérim, je suis assise sur « un tabouret ». J’attends que le jugement soit rendu et je m’en irai en courant (rires). Nous avons pu obtenir de nombreux projets par appel d’offres, les routes sont en chantier pour aider les populations à se déplacer et à acheminer leurs produits. C’était une situation précaire parce que quelques conseillers n’avaient pas compris notre action au départ, mais les choses s’améliorent pour le bien-être des populations du Gbêkê qui ont aussi droit au bonheur et à une amélioration de leur cadre de vie.

Des voix sont entendues régulièrement faisant état de ce que vous refusez de céder le fauteuil à Jacques Mangoua. Quelle est votre part de vérité ?
Je suis dans ce fauteuil, comme ils aiment bien le dire, parce qu’un arrêté ministériel m’a nommée conformément aux textes qui régissent les Conseils Régionaux. Voir Articles 158 et 66.
Article 158 : « En cas de vacance du poste de Président de Conseil constatée par l’autorité de tutelle saisie par le Conseil, quelle qu’ en soit la raison, la présidence échoit de droit à l’un des Vice-Présidents selon l’ordre de préséance ».
Article 66 : « En cas de décès, révocation, démission ou tout autre empêchement absolu de l’ autorité investie du pouvoir exécutif de la collectivité territoriale, son remplaçant, exerce la plénitude de ses fonctions.

Dans ce cas, les dispositions de l’ article 55 de la présente loi s’ appliquent.
La nouvelle autorité investie du pouvoir exécutif de la collectivité territoriale propose à l’ approbation du Conseil un nouveau Bureau ou une nouvelle Municipalité selon le type de collectivité territoriale ».
Le jour où une décision définitive de justice est rendue rétablissant M. Jacques Mangoua dans ses fonctions, je m’en irai en courant (rires). M. Paul Koffi, pour l’heure, M. Jacques Mangoua n’est pas libéré mais il jouit d’une liberté provisoire pour cause de Covid selon le dossier. Posez la question à ses avocats. Je me tais pour qu’on ne m’accuse pas d’aggraver la situation du président Jacques Mangoua mais la mascarade a assez duré.

Vos détracteurs vous accusent d’être au cœur du complot ficelé contre Jacques Mangoua pour lui ravir le fauteuil. Que leur répondez-vous ?
M. Paul Koffi, j’ai décrit un peu ma conception des choses. Moi je ne vole pas, je gagne ce que j’ai à la sueur de mon front. Si je veux le poste du Président du Conseil Régional, je me présente aux élections prochaines mais je ne prends le poste de personne. Je ne suis pas une héritière dans l’âme, je suis une battante. Ravir le poste d’un condamné ? Pitié, je laisse à ses avocats le soin d’aborder la question.

Des conseillers ont dernièrement signé une pétition pour réclamer votre départ. Que leur répondez-vous ?
Effectivement, il y a quatre conseillers sur cinquante-huit (4/58) qui ont signé cette pétition. Je suis la première vice-présidente choisie par Jacques Mangoua ; il ne me faisait pas une faveur en me choisissant, il sait pourquoi. Ces conseillers gagneront plutôt à lutter pour qu’il soit jugé et que je puisse partir. C’est la meilleure formule. Je ne dérogerai pas aux textes pour faire plaisir à trois ou quatre personnes qui veulent être à ma place (rire) et qui ont embrigadé M. Jacques Mangoua en lui mettant des choses dans la tête. Vous savez, le deuxième vice-président, M. Kouadio Nestor, m’a demandé de démissionner afin qu’il soit président car pour lui, une femme ne saurait être présidente du Conseil Régional du GBêkê, une région difficile, politiquement difficile. C’est de mon refus que cette cabale est partie.
Vous voyez pourquoi j’évite de parler. Quand je le fais, je dis ma part de vérité et je défie quiconque de dire le contraire.

Les conseillers vous reprochent également d’avoir licencié certains des proches de Jacques Mangoua. Qu’en est-il ?
Qui ? Des proches de Jacques Mangoua ? C’est plutôt Jacques Mangoua qui a licencié douze proches de M. Abonoua. Ils nous ont condamnés au Prudhomme (le tribunal du travail) et le Conseil Régional continue de leur payer des droits. Pour ce que je sais, trois dames (parents de Jacques Mangoua à savoir sa nièce, sa petite sœur et une belle sœur) travaillent au Conseil Régional et sont régulièrement rémunérées.

Vous êtes vice-présidente du PDCI-RDA au même titre que Jacques Mangoua. Cette situation du Conseil Régional n’est-elle pas de nature à fragiliser votre parti ?
Heureusement, le Parti dans le Gbêkê est fort, les derniers rassemblements nous l’ont montré. C’est vrai que cette situation peut nous fragiliser mais que puis-je faire, quand des gens me demandent de partir pour mettre le Conseil Régional sous tutelle ? Savez-vous ce qu’est une mise sous tutelle ? Nos parents n’ont eu aucun profit durant l’année 2019. Vous pensez qu’ils n’ont pas droit au bonheur ? Vous croyez que le budget alloué au Conseil doit être destiné à d’autres fins ? Je tiens bon, j’ai encore le moral, ne vous inquiétez pas, je suis encore là pour le bonheur des miens.

Vous êtes député de Sakassou. Les législatives sont ouvertes. Etes-vous à nouveau candidate ?
Oui, je suis candidate pour un second mandat.

En votre qualité de vice-présidente, qu’est-ce qui est fait pour assurer la victoire du PDCI-RDA à Sakassou ?
Vous savez, le déballage des stratégies, le PDCI en a fait une malencontreuse habitude et c’est pour cela qu’on nous perdons des batailles. On va faire ceci, on va faire cela dans tous les détails ; ce n’est pas de la politique ça. Attendez et vous verrez !

Le grand centre, surtout le Gbêkê, fait l’objet de beaucoup de convoitise de la part du RHDP. Comment le PDCI-RDA, selon vous, doit s’y prendre pour garder son bastion ?
C’est de bonne guerre que le Gbêkê soit convoité. D’ailleurs c’est tout le territoire qui est l’objet de cette convoitise. Le RHDP cherche à s’agrandir, à occuper plus d’espace. Maintenant nous au PDCI, il faut qu’on ait plus de cohésion, plus de solidarité, et qu’on soit moins sensible à l’argent et aux postes. C’est difficile mais quand on veut gagner un combat et qu’on est dans l’opposition, il faut que nous soyons de vrais opposants et que nous ayons de vraies stratégies car ça ne sert à rien de faire mille réunions. Je ne suis pas adepte de la « réunionnite ». Désolée !
Vous parlez du Gbêkê mais allons plus loin. Vous faites une réunion de délégués, tout le monde et n’importe qui a accès à la réunion même quand on n’est pas délégué. Vous ne voyez pas qu’on a un problème ? Et nous n’avons pas de stratégies. Il faut faire remonter de la base plusieurs types de stratégies. Mais si vous voulez, on en parlera une autre fois.

Quel est l’appel que vous souhaitez lancer aux militants ?
Je demande aux militants d’être soudés ; c’est dur mais c’est cela l’opposition et nous devons apprendre à être des opposants.
J’ai quand même une forte interrogation : les députés PDCI de la législature 2016-2021 ont résisté aux diverses tentations. Vous venez un matin, vous cherchez votre voisin, il s’est envolé pour se retrouver en face. Vous ne savez même plus à qui vous parlez. La gestion du groupe parlementaire a été indexée comme raison principale.
Il est vrai que la veille d’un vote de loi, nous nous entendons sur une décision et le lendemain matin, on vous oblige à faire le contraire. Et je passe…

Mais ce n’est pas une raison pour lâcher le Parti. Sans les députés, le PDCI n’existerait plus à mon avis. Alors faisons attention en les jetant en pâture !
Je reçois de nombreux députés, qui se plaignent de la trahison à laquelle ils font face au sein du parti. Ne vous trompez pas de combat. En leur nom, et en tant que vice-présidente de l’Assemblée Nationale, j’appelle à la raison et je fais confiance au Président du Comité, le Ministre Bombet, doué de sagesse et d’expérience, de ne pas laisser des personnes à l’affût de poste détruire notre Parti.

Quels sont vos vœux pour les Ivoiriens en ce début d’année ?
Ce sont surtout des vœux de santé avec le Covid qui nous a fait perdre de frères et amis. Heureusement, Dieu est bon et a pitié de nos populations rurales qu’il continue d’épargner. Je lui demande de couvrir ce pays, ce beau pays tant convoité, de toutes ses grâces, de donner la sagesse et le discernement à nos dirigeants afin qu’ils pensent au bien-être de nos concitoyens et à l’avenir de la Côte d’Ivoire. J’implore le Seigneur que plus jamais le sang des Ivoiriens ne coule.

Interview réalisée par PAUL KOFFI

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici