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Objets, aliments ou événements: Ces personnalités et célébrités dont les noms sont collés à des choses

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Blessy Tébil et Johnny Lafleur alias Gnowouly the Flower

La Côte d’Ivoire est un grand et beau pays. Hospitaliers, gais, les Ivoiriens le sont également. Avec comme cerise sur le gâteau, une bonne dose d’humour, car les Ivoiriens ont l’art de tourner toutes les situations apparemment dramatiques en événements humoristiques.

Ils ont aussi cette facilité d’associer un objet, un aliment ou un événement à une personnalité politique ou à une célébrité selon certaines circonstances dans lesquelles elles se sont retrouvées. Jugez-en vous-mêmes.


En 1990, notre pays est revenu au multipartisme. Et parmi les premiers partis d’opposition à se positionner, figurent le Front Populaire Ivoirien (FPI) et son président Laurent Gbagbo. Evidemment, les choses n’étaient pas faciles vu la nouvelle configuration politique du pays, alors les opposants se faisaient entendre en organisant des marches de protestation. Lors des marches et meetings du FPI, Laurent Gbagbo avait toujours une serviette en coton au cou, avec laquelle il s’essuyait le visage quand il transpirait.

Il a fallu cela pour que les Ivoiriens baptisent les serviettes ou mouchoirs en coton, le ‘’Gbagbo’’. Alors quand il fait chaud et que la transpiration est au rendez-vous, des gens sortent leur ‘’Gbagbo’’. Un peu pour faire comme le Woody de Mama.


Si vous êtes un amateur de cigares, vous prenez la vie du bon côté, on vous appelle ‘’Président Bédié’’ parce que le Président Aimé Henri Konan Bédié est un grand amateur de cigares. Il se dit même qu’il y a des cigares estampillés ‘’HKB’’. Nous n’avons pu le vérifier, mais ce qu’il nous a été donner de constater, c’est qu’il y a deux ans, le Sphinx de Daoukro a fait le buzz en portant lors d’une cérémonie officielle, une veste de couleur rouge. Depuis, de nombreux sapeurs ivoiriens ont adopté ‘’la veste Bédié’’.


Le Président de la République, lui, a été surnommé par certains de nos compatriotes, ‘’ADO le couturier’’. Pourquoi ? Parce que justement, chaque fois qu’il intervient à la télévision, il dit toujours : ‘’Je prendrai des mesures’’. Alors pour plaisanter, certains le comparent à un couturier qui prend plutôt les mensurations. Que dire de l’Ambassadeur Georges Ouégnin ? Anciennement Directeur du Protocole d’Etat, très proche collaborateur du Président Félix Houphouët Boigny, on dit de Georges Ouégnin qu’il rentrait chez lui quand le Président s’endormait et qu’il était là quand il se réveillait.

Un peu exagéré certes, mais cette affirmation était faite pour démontrer la loyauté et la fidélité de l’homme vis-à-vis du Président Houphouët-Boigny. Et, cette larme de l’Ambassadeur Georges Ouégnin à la Basilique Notre Dame de Yamoussoukro lors de la messe de requiem pour notre défunt Président exprime tout. Alors aujourd’hui, dans le langage populaire, pour désigner le chargé de protocole d’une personnalité ou son ‘’suiveur invétéré ’’, les Ivoiriens ne cherchent pas loin. Simplement et le plus naturellement du monde, ils disent : ‘’C’est son Ouégnin’’. En clair, L’ambassadeur Georges Ouégnin a tellement bien assuré sa fonction qu’il a marqué, de façon très positive, les Ivoiriens. D’où le respect et l’admiration qu’ils lui vouent. Laurent Dona-Fologo est une figure marquante de la sphère politique ivoirienne.

Qu’on l’apprécie ou pas, on ne peut être indifférent aux actes qu’il pose et aux phrases fortes qu’il prononce des fois. Mais LDF, les Ivoiriens l’ont surnommé ‘’Adidas’’, en référence aux trois scarifications ethniques qu’il a sur chaque joue. Trois traits qui sont la preuve de son appartenance au peuple Sénoufo, une marque qui fait penser à cette célébrissime marque sportive aux trois traits. Alors, quand une personne envisage d’acheter un produit Adidas, on dit : ‘’Tu fais en Fologo’’. Evidemment, sans méchanceté et avec le sourire aux lèvres. Autre personnalité politique, autre trouvaille. Mme Thérèse Houphouët-Boigny et la Fondation N’daya International qui portait assistance aux enfants démunis. Alors, dans les années 80-90, les étudiants de l’Université nationale de Côte d’Ivoire avaient baptisé la demi-bourse le ‘’N’Daya’’ (parce qu’ils la considéraient comme une assistance humanitaire) quand la bourse entière de 36000 F, elle, était appelée le ‘’Kouadio’’. M Kouadio, a-t-on appris, était le responsable de paie de la bourse aux étudiants, à cette période. Et les étudiants qui percevaient leur ‘’N’Daya’’ ou leur ‘’Kouadio’’, se rendaient très souvent au parking central de l’Université pour s’offrir des galettes baptisées ‘’Guédé Gba’’. Ces galettes rondes, consommées avec du lait caillé ou du jus de gingembre, avaient la particularité de ‘’remplir rapidement la panse’’.

Un bourratif qui fait penser à la puissance de frappe et à la rapidité du footballeur, ex-sociétaire de l’ASC Bouaké et de l’Africa Sports d’Abidjan, Guédé Gba Ignace, aujourd’hui, malheureusement décédé. Mais les galettes ‘’Guédé Gba’’, elles, continuent de faire le bonheur de certains de nos concitoyens. Tout comme l’attiéké accompagné de thon salé, appelé ‘’Garba’’, du nom d’un ressortissant Nigérien qui serait le premier à proposer de l’attiéké sous cette forme. Contrairement aux vendeuses habituelles d’attiéké.
Blessy Tébil, vous connaissez ? C’est un chanteur ivoirien qui a eu son temps de règne dans les années 90.

Il faisait de la musique tradi-moderne Bété. Un jour, il a décidé d’entamer une grève de la faim, pour protester contre des injustices qu’il subissait. Le site qu’il avait choisi pour faire sa grève, c’était le voisinage de la RTI. Malheureusement, selon une information (vraie ou fausse) rapidement répandue dans la ville, quelqu’un aurait surpris le gréviste Blessy Tébil en train de manger de la banane braisée avec des arachides grillées. Depuis ce jour, les bananes braisées ont été ironiquement baptisées ‘’Blessy Tébil’’.Au grand dam du chanteur.
Les longues ‘’éditions spéciales’’ après le JT de 20h de la première chaine de la RTI, elles, portaient la marque d’un grand Monsieur : Joseph Diomandé, un éminent journaliste- reporter qui a consacré sa vie et sa carrière au Président Félix Houphouët Boigny. Le Président Houphouët n’est plus, Joseph Diomandé non plus, mais quand RTI 1 annonce une édition spéciale, les personnes qui ont connu ce grand homme de télé et suivi ses grands reportages, pensent automatiquement à lui. Pour être honnête, les ‘’éditions spéciales’’ de Joseph Diomandé étaient un vrai régal. De véritables cours d’histoire.

Un autre grand, mais de la musique, malheureusement aujourd’hui disparu, c’est François Lougah. Autant il chantait bien, autant il était apprécié de tous les Ivoiriens. Le Président Houphouët l’aimait particulièrement. Le Papa National, comme les mélomanes l’avaient surnommé, aimait la belle vie. Les beaux costumes, les belles femmes, les grosses cylindrées… Les Ivoiriens, dans leur grande majorité, étaient convaincus qu’il était un flambeur et un noceur… D’où la relative pauvreté dans laquelle il est décédé ‘’malgré tous les millions que le PR lui donnait’’. Alors, quand on voit quelqu’un qui ‘’dépense sans penser’’, on dit qu’il mène une vie de Lougah.


Johnny Lafleur alias Gnowouly the Flower. Chanteur de son état, il affectionnait particulièrement les tenues avec des motifs en fleurs. Sur scène ou dans la vie de tous les jours, Johnny avait toujours ‘’ses fleurs’’. A tel point que quiconque porte une chemise avec des fleurs comme motifs, est surnommé ‘’The Flower’’. Les Bus articulés de la Sotra avaient été aussi baptisés des ‘’Adigri’’, en référence au Chanteur-musicien traditionnel Baoulé Kouamé Adigri, qui jouait de l’accordéon.

Les exemples de ce type, on peut en trouver à profusion mais nous ne saurons les énumérer tous dans ce dossier. Cependant, ils révèlent une réalité indéniable, l’esprit d’humour de l’Ivoirien.
SOUM Junior Moriba

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